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Puissant dans l'intérieur desmontagnes ; mais ils ajoutentque les eaux qui proviennentdes rosées , des neiges ÔC despluyes, trouvent diverses ou-vertures pour s’iníìnuer dansle corps des montagnes ôc descollines ;s’arrêtent fur des lits,tantôt de pierre , tantôt deglaise, &c forment, en s’échap-pant de côté par la premièreouverture qui le présente , unefontaine paílagère ou perpé-tuelle, selon l’étendue & la pro-fondeur d u bassin qui les ralìcm-ble. C’cst-là le sentiment de l’élé-gant Auteur du Spectacle de laNature. Le sait le plus frappantqu’il apporte en preuve, est uncalcul tiré des ouvrages du M r .Mariorte. Ce grand Physicienprétend qu’en mettant les cho-ses fur le plus bas pied , lesterres qui fourniílent l’eau dela Seine à Paris, reçoivent cha-que année de la pluye fcpt centquatorze milliards , cent cin-quante millions de pieds cubesd’eau ; tandis qu’en mettant leschoses fur le plus haut pied ,il ne pâlie chaque année fousles arches du Pont Royal quedeux cent vingt milliards ,deux cent quarante millionsde pieds cubes d’eau de Seine.Mais il me paroît que si M r .Mariette avoir bien culculé laquantité d’eau nécessaire à l’en-
F O N 133tretien des arbres , des plan-tes èc des habitans de la Terre,soit raiíonnablcs soit irraiíon-nables ; s’il avoir sur-tout exa-miné la quantité d’eau que leSoleil éleve en vapeurs , il n’au-roit pas trouvé l’eau de pluyeaussi suffisante qu’il le soutient ,pour entretenir les fontaines &les rivières. Inexpérience nousapprend que, si l’on expose pen-dant une année au grand airun vaíe dans lequel on ait eufoin d’entretenir une certainequantité d’eau , le Soleil enaura plus élevé en vapeurs ,que la pluye ne lui en aurafourni. D’ailleurs quand mêmela Seine trouveroit dans l’eaude pluye qui tombe aux envi-rons de Paris , une provisionsuffisante pour son entretien ,en pourroit-on dire autant detoutes les Rivières du Mondepar rapport à l’eau de pluyequi tombe fur le reste de lasurface de la Terre ? Bien desPhysiciens pourroient révoqueren doute la bonté de cetteconséquence. Enfin nous som-mes sûrs qu’il y a des fontainesqui viennent immédiatementde la Mer , puisqu’elles ontleur flux Sc leur reflux commel’Océan ; telles íont non seule-ment les fontaines que l’on voitprès de Cadix, de Bourdeaux ,mais encore une infinité d’au-»