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cic la manière la plus étroite ;
5c quoique leur Ame loit sé-parée de celle de leur Mere ,leur corps n’étant point déta-ché du lien , on doit penserqu’ils ont les mêmes í'entimens5c les mêmes pallions , en unmot les mêmes pensées quis’excitent dans l’Ameàl’occa-sion des mouvemens qui íe pas-sent dans le corps. Ainsi lesenfans entendant les mêmescris , ils reçoivent les mêmesimpressions des objets , 5c ilsfont agités des mêmes passonsque leurs Meres. Car puisquel’air du visage d’un homme pas-sionné pénétre ceux qui levo-yent , 5c imprime naturelle-ment en eux une passion sem-blable à celle qui l’agite , quoi-que l'union de cet homme avecceux qui le considèrent ne soitpas fort grande : on ne peutpas, ce me semble , raisonna-blement douter que les Meresn’impriment dans leurs enfanstous les mêmes lentimens dontelles font frappées, 6c toutesles mêmes passons dont ellesfont agitées. Car enfin le corpsde l’cnfant fait comme un mê-me corps avec celui de la Mere :le sang Lc les esprits font com-muns à l’un 6c à l’autre : lessentimens 5c les passons fontdes suites naturelles des mou-vemens des esprits êí du sang,
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5c ces mouvemens se commu-niquent nécessairement de laMere à l’cnfant. Donc les pas-sions 5c les ícntimcns fontcommuns à la Mere 5c à Pen-sant.
2 °. 11 y a dans notre cerveaudes ressorts qui nous portentnaturellement à l’imitation ;c’est-là un des principaux liensde la Société civile. Non-seu-lement il est nécessaire que lesenfans croyent leurs Peres ; lesdisciples leurs Maîtres ; 6c leshommes les autres hommes : ilfaut encore que tous les hom-mes ay en t quelque dilpositionà prendre les mêmes manières5c à faire les mêmes actions deceux avec qui ils veulent vivre,car afin que les hommes sclient, il est nécessaire qu’ils seressemblent 5c par le corps 5cpar l’esprit
3 °. Non-seulement les es-prits vitaux se portent naturel-lement dans les parties de no-tre corps, pour faire les mêmesactions 5c les mêmes mouve-mens que nous voyons faireaux autres ; mais encore pourrecevoir en quelque manièreleurs blessures , 5c pour pren-dre part à leurs misères. Carl’expéricnce nous apprend quelorsque nous considérons avecbeaucoup d’attention quel-qu’un que l'on frappe rude-