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Tome second.
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tue capable de fracasser fesos encore tendres. Car les osíont les dernières parties ducorps qui fe forment , Sc ilsont très-peu de consistancedans les enians qui íont enco-re dans le sein de leur Mere.

Ce n’est pas-là le seul phé-nomène dont Malebranche ef-face de rendre compte dans ion1 raité de l’imagination. En voi-ci un encore plus frappant.Une femme ayant considéréavec trop d’application le ta-bleau de saint Pie , accouchaà Paris d’un enfant mort quiressembloit parfaitement à li-mage de ce saint. 11 avoit le vi-sage d’un vieillard , autantcju’un enfant qui n’a pointde barbe en est capable. Sesbras étoient croisés fur la poi-trine ; fes yeux tournés vers leciel ; il avoit très-peu de front,parce que limage de ce íaintétant élevée vers la voûte del’Eglise en regardant le ciel ,n’en avoit presque point. IIavoit une espèce de Mitre ren-versée íur fes épaules avec plu-sieurs marques rondes aux lieux,ou les Mitres íont couvertes depierreries. En un mot cet enfantreílembloit parfaitement au ta-bleau fur lequel fa mere savoirformé par la force de ion ima-gination.

Tandisque cette mere regar-

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doit avec applications le ta-bleau de saint Pie , les espritsvitaux gravèrent dans son cer-veau une image semblable àcelle du Saint ; peut-être l’au-roient-ils gravée íur ion visage ,si les chairs en avoient été moinsdures Se les fibres plus flexi-bles. La même choie arrivadans le cerveau de Pensant. Lesesprits vitaux y gravèrent (sa-bord simage de saint Pie ; Sítrouvant ensuite une chair pro-pre à prendre toute sorte deforme, ils y gravèrent tous lestraits du tableau en question.Nous nc croyons pas , commeMalebranche,que Pensant,dansle sein de la Mere, voye tousles objets fur lequel la Mere fixeles yeux. Nous croyons plutôtque dans cette occasion la Me-re eut non feulement envie deressembler à saint Pie, mais en-core de mettre au monde un en-fant qui lui ressemblât. Quoi-qu’il en soit, le corps de cet en-fant fut tellement agité , 6c parconséquent tellement dérangépar cette imitation forcée quePensant en mourut.

Après ce que nous venonsde dire , l'on n’aura preiquepoint de peine à expliquer d’oùviennent ces marques que lesenfans ne portent que trop íou-venten naiílant, auxqucllcs ona donné le nom d’envies. Une

Mere