MAT
la grandeur, la majesté en sontles attributs. L’autre tirée dunéant, foible, dépendante , estrenfermée dans d’étroites limi-tes.C’est un flambeau qui répandà peine autour de nous unelueur pâle & tremblante, com-paré à l’astre du jour qui bril-le fans s'épuiser, & d’où dèsl’origine du monde ., commed’une source intaristâble, cou-lent de toutes parts des torrensde lumière. C’est unruiílèau quiserpente dans la prairie, vis-à-vis un grand fleuve qui rouledans un lit large & profond ,au travers des Campagnes queses eaux fertilisent : ou plutôt,c’est un ruistcau mis en paral-lèle avec cet immense bassin ,dont la profondeur ne connoîtpoint de bornes, dont l’éten-due embraílè toute la Terre , &cqui voit de toutes les contréesReperdre dans son sein la mul-titude innombrable des rivières,fans que les tributs quelles luiportent, ajoutent rien à ses ri-chestès. Ainsi l’illustre Cardinal
M A T 505tres , aujji athées que les pre-miers , paroisent dé abord ad-mettre l’existence d'un Dieu ;mais quel Dieu reconnoijjent -,ils ! un Dieu qui n'a pas crééce Monde , puisque la matièrees un être nécessaire ù capa-ble de penser ; un Dieu quin'exige rien des hommes 3 puisque leur Ame es mortelle , queles idées de la vertu & du vicefont des inventions Humaines ;que Vhonnete & Futile font lamême chose : un Dieu ensnqui content du titre d'B. tre su-prême ne gouverne point ceMonde , puisqu’il n’y a pasune autre vie après celle-ci ohles Bons trouvent des récompen-ses dignes de leurs aclions ver-tueuses , & les Méchans despunitions proportionnées a leurscrimes. Ausí le Matérialisen'ès-il dans le fond qu’un Athéecouvert du voile du Déisme ,plus dangereux fans doutequ*un Athée public ù connude tout le monde.
de Polignac nous fait-il paflèr de la connoiílànce de l’A-me à celle de l’Etre suprême , connoiílànce absolumentnéccílàire pour comprendre la nécessité d’une Religion ré-vélée.
II est un Matérialilme , je le sçais , qui paroît d’abordmoins révoltant que celui que nous venons de mettre fousles yeux du Lecbeur , c’est le Matérialisme de Locke. CetAuteur prétend qu’il peut le faire que l’Ame de l’HommcTome II. Aaaa