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soit un esprit , mais qu’il n’est: pas sûr qu’elle le soit , Scqu’il n’est: pas démontré que la matière toit incapable depenser. Nous avons des idées de la matière & de la pensée ,íiit Locke dans le Chapitre de l’étendue dc la connoistàncehumaine : Mais peut être ne ferons-nous jamais capables deconnoître fì un Etre purement matériel pense ou non , par laraison qu il nous es impojsible de découvrir par la contempla-tion de no s propres idées, fans révélation , f Dieu n'a pointdonné a quelque amas de matière disposée , comme il le trouvea propos , la puiffiance d’appercevoir ou de penser , ou s’il ajoint ù uni a la matière ains disposée une subsance imma-térielle qui pense. Car par rapport a nos notions , il ne nous espas plus mal-aisé de concevoir que Dieu peut , s’il lui plaît ,ajouter a notre idée de la matière la faculté de penser, que decomprendre qu’il y joigne une autre subsance avec la facultéde penser , puisque nous ignorons en quoi confise la pensée ,& d quelle espèce de subsance cet Etre tout puissant a trouvéd propos d’accorder cette puiffiance qui ne sçauroit être dans au-cun Etre crée quen vertu du bon plaisr 0 de la bonté duCréateur. Je ne vois pas quelle contradiction il y a que Dieu ,cet Être pensant , éternel & tout puisant donne , s’il veut, quel-ques dégrés de sentiment , de perception & de pensée d certainsamas de matière créée & insensble , qu’il joint ensemble , com-me il le trouve d propos ècc.
M. Locke prenant bien tôt après le ton Dévot, parle de la for-te : Je ne dis point ceci pour diminuer en aucune forte la croyancede l’immatérialité de l'Ame. Je ne parle point ici de probabilité ,mais d’une connoisance évidente ; & je crois que non-seulementc’es une chose digne de la modesie d’un Philosophe de ne pasprononcer en Maître , lorsque /’évidence requise pour produire laconnoissance , vient d nous manquer ; mais encore qu’il nous esutile de disinguer jusqu ou peut s’étendre notre connoissance : carl’état oìi nous sommes présentement , n étant pas un état de vision ,la foi ô la probabilité nous doivent suffire sur pluseurs choses ;& d l’égard de l’immatérialité de l’Ame dont il s’agit présente-ment , s nos facultés ne peuvent pas parvenir d une certitude dé-mo nsrative sur cet article , nous ne le devons pas trouver étrange.Toutes les grandes sns de la Morale. & de la Religion font éta-