554 MIL
de l’eau , & nullement la ma-tière éthérée qui remplit lespores que les parties de l’airou de l’eau laiíToient entr-elles :qu’ainsi y ayant beaucoup plusde plomb proprement dit dansun globe de plomb, qu’il n’ya d’cau proprement dite dansun pareil volume d’eau , &beaucoup plus d’eau propre-ment dite dans ce volume d’eau,qu’il n’y a d’air proprement ditdans un pareil volume d’air ;cela fait que le globe deplomb continue beaucoup pluslong-tems à fe mouvoir dansl’air , fans perdre sensible-ment de fa vitesse , qu’à femouvoir dans l’eau ; &c qu’ilcontinucrc toujours à fc mou-voir dans l’Ether , fans rienperdre de la vîteííe.
M. Privât de Molières quirapporte cette réponse , n’estpas tenté de l’approuver, quel-que porté qu’il soit à admettretout ce qui a le moindre rap-port avec les idées de Defcar-tes. Pour s’appercevoír , dit-il ,du peu de solidité de cette ré-ponse , supposons pour un ins-tant que ce Mobile criblé soitrecouvert d’une superficie im-pénétrable à l’Éther , & quedans cet état l’Ether ne pou-vant plus palier à travers sespores, le Mobile doive éprou-ver toute la résistance que l’on
M I L
veut éviter par le moyen pro-posé , à cause du mouvementqu’il doit communiquer auxparties de ce Milieu , en leschoquant par toute la demi-fuperficie, & cn déplaçant unvolume de ce Milieu pareil ausien , à chaque fois qu’il par-court la longueur d’un de fesDiamètres.
C’est un principe générale-ment reçu en Méchanique ,qu’un corps traversant un flui-de perd à chaque instant d’au-tant plus de fa force qu’îl a plusde superficie, ou qu’il donne àchaque instant d’autant plus deprise par fa superficie à un plusgrand nombre départies du flui-de qu’il traverse.
Or il est évident qu’il n’y apas de comparaison à faire en-tre la quantité de superficie quetouche l’éther, qui traverse achaque instant les pores tor-tueux & innombrables de ceMobile en sens contraire à fadirection , & celle que con-tient fa demi-fuperficie sphéri-que.
Donc ce corps destitué dei’enveloppe que nous lui avonsd’abord prêtée , ne doit pas par-courir à beaucoup près tantd’efpace , avant que de perdrela moitié de fa vîteííe, ques’iien étoit recouvert.
Que si quelqu’un avajnçoit