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Tome troisieme.
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58 P O Lgrand Homme que l’on doit re-garder comme l’honneur duxvi i c . èc du xvi i i c .siécles, fetic connoître dès la fia de tonCours de Philolophie par untrait singulier. Après avoir faitses Humanités au collège deLouis le Grand avec tout Té-clat imaginable , il fut misen Philolophie au collèged’Harcourt. Là il trouva unProfcíVeur entêté du Péripa-tétiíme qui lui dicta un jargonde Philolophie de la soliditéduquel il parodient intimementconvaincu. Le jeune Polignacprit patience cn Logique; maisen Physique il lui fallut toutefa politesse èc toute fa dou-ceur pour ne pas éclater. Pourfe dédommager de l’ennui quelui cauíoient les explicationsvuides qu’il fe voyoit obligéd'écouter,il fe procura les Ou-vrages de Deícartes ; il les lutavec passion ; il crut y trouverla vérité , èc il apprit à fondle sistême ingénieux de ce Phi-losophe. A la fin de Tannée,le Professeur qui souhaitent ar-demment qu’un Eleve de cerang èc de ce mérite donnât dupoids à fes leçons , Tinvita àdonner des preuves au Publicde son avancement dans lesfjiences , dans des Thèses fo-lemnelles. Celui-ci refusa cethonneur le plus poliment &

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le plus modestement qu’il luífutpossible. Pressé par son Pro-fesseur, je soutiendrai, répondit-iL , mais à condition que cefera lans Président , èc qu’ilme fera permis de défendre lesistême de Defcartes. Quel coupde foudre pour un Péripatéti-cien ! L’affaire fut cependantmise en arbitrage ; & il fut ré-glé que le jeune Polignac fou-tiendroit deux Actes dans deuxjours consécutifs : que d’abordil défendroit le sistême de Def-cartes , èc que le lendemainil fe déclareroit disciple d’A ri si-rote. Cet arrangement eut lieu ;èc Ton prétend que si les Car-tésiens furent enchantés du jeu-ne soutenant, les autres ne pa-rurent pas mécontens de la ma-niéré dont il joua le Rôle dePéripatéticien malgré lui. Rat-tachement de M. de Polignacpour le Cartésianisme augmentaavec l’âge. II le fit paroîtrefur-tout dans son Anti-lucréce ,ouvrage infiniment supérieur àtous les éloges qu’on peut luidonner , èc qu’il n’a composéque pour réluter ce tas d’im-piétés que Bayle a fait palierde chez Lucrèce dans les in-fâmes productions. Nous lais-sons aux Panégyristes de M.,de Polignac le loin de louer lasublimité de fa Poésie, la vi-vacité de fes peintures, Télé-