SOUDE CARBONATÉE. l55
eiileurie et impure étoit appelée par les anciens aphro-natron.
La Soude la moins impure et la plus employée, est re-tirée par la combustion et l’incinération de plusieursespèces de plantes qui croissent dans la mer ou sur sesrivages.
On croit que ce sel existe tout formé dans ces plan-tes , et que la combustion ne fait que le dégager. Lesplantes qui fournissent la Soude sont très-nombreuses ;ce sont sur-tout différentes espèces de salsola ou kali,de salicorne, de chenopodium , tous les varecs, &c. Oncultive ces plantes, ou bien on récolte celles qui vien-nent naturellement. On les fait sécher, pour les brûlerdans des fosses pratiquées dans la terre , et dont les pa-rois sont fermes et unies. La cendre , à moitié fondue ,qui résulte de celte opération, est la Soude du com-merce, d’autant plus recherchée qu’elle est plus pure. Lessalsola donnent la meilleure soude, et parmi ces plan-tes , la barille( salsola saliva ) , cultivée principalementen Espagne, donne la Soude dite d’Alicante , qui estla plus estimée. Les plantes de différentes espèces con-nues sous le nom général de blanquette , donnent uneSoude de seconde qualité. Enfin les varecs fournissentune Soude beaucoup moins riche, et qui contient plusde sel marin.
On obtient la Soude par le moyen de l’incinération ,en France, sur les côtes de Cherbourg et sur celLes duLanguedoc ; — en Espagne, dans les environs d’Ali-cante ^— dans le Levant. Celte dernière porte lé’ nomde] rocchette lorsqu’elle est en pain , et de cendre duLevant lorsqu’elle est en poudre. ( Ch . Coquebert, j. d. m.)
Les usages de la Soude sont si multipliés > qu’on ne usas»».,peut indiquer ici que les principaux. Ce sel combinéavec les huiles et toutes les graisses, donne différentessortes de savons. — Mêlé et fondu avec la silice, il pro-duit le verre le plus durable et le plus beau.