# PRÉFACE,
nissoîent des objets de comparaison que je devois nécessairement pré*senter à mes lecteurs, ne fût-ce que pour faire voir combien le canalde Languedoc surpasse tout ce qui a jamais été fait dans ce genre 3 soitpar les difficultés vaincues, soit par fintelligence qu’il exigeoit - soitpar les ressources d’exécutions qu’on y a successivement employées ,pendant un siécle qu’on n’a cessé de le perfectionner.
De tout cela, il a enfin résulté une notice générale de tous lesCanaux, ouvrage qui manquoit àl’Hydraulique, à la Politique & àl’Histoire. II y avoir bien un Ouvrage de M. Linguet, intitulé : àCanaux navigables , où l’on trouve beaucoup de réflexions solides Scprésentées avec force fur les Canaux en général ; mais l’objet prin-cipal de l’Auteur n’étoit que de faire voir futilité qu’il y auroit àrendre la Somme navigable depuis Amiens jusqu à Saint- Valéry,qui en est environ à 3 5 milles , Sc la Canche depuis Hesdin jusqu'àEtaples qui en est environ à 20 milles ; ainsi mon plan est bien plusvaste*
L’Architecture Hydraulique de Bélidor contient des préceptes im-portans fur les travaux de ce genre ; mais on n*y trouve qu’une légerenotice des canaux les plus célèbres ; il en est de même du Traité desrivières Sc des canaux du Père Frifi ; il étoit pour ainfi dire nécessaireque son fît un Ouvrage à part Sc d’une certaine étendue fur un objetaussi important au bien public ; Sc c’est ce qui m'a déterminé à m'oc-cuper de celui-ci. ,
Le plus grand avantage des canaux est de diminuer les charroisou transports des marchandises par terre, Sc j’ai eu plusieurs foisoccasion dévaluer lextrême disproportion qu il y a entre les prixdes voitures d’eau Sc de terre. Un grand bateau remonte la Seine ,par exemple, de Rouen à Paris en 18 jours, il est chargé de 8 à 900milliers de marchandises Sc tiré par 12 ou 14 chevaux au plus,cequi revient pour chaque cheval à plus de 60 milliers. En descendantla Seine un pareil bateau charge du même poids n’est plus conduitque par deux chevaux. Il y a dans le bateau tant en montant qu endescendant 10 à n Mariniers pour le conduire. II peut descendre enS ou 10 jours ; mais pour les 60 milliers il faudroit 60 chevaux. Onpeut juger par cet exemple combien les rivières font à préférer auxchemins pour le transport des marchandises, du moins lorsque l’onn’y met point d’obstacle par des impôts. Voye^&n. 289,541.
Si l’on considère le nombre des bêtes employées aux voitures, Sccelui des terres dont elles consomment les productions, on verraque pour un cheval de trait, il faut par jour environ un boisseau Sc