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Baffin de Nau-rouse.
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r8 HISTOIRE DU CANAL
32. L’entrepriíè de ces nouveaux ouvrages n apporta aucun retardement àceux de la partie du Canal depuis Naurouse jusqu à Toulouse, à laquelle M.de Riquet faiíoit toujours travailler avec célérité. On voit par la lettre qu’ilécrivit à M. Colbert le 3 Octobre 1669, que M. de Beíòns Si M. de la Faille,avoient fait la visite de cette derniere partie , huit jours auparavant, Si qu’ilsavoient compté íùr les travaux 6600 hommes ; dans ce nombre n etoient pascompris les travailleurs de la montagne de Saint Ferriol, Si autres endroitsde la rigole de la plaine, qui joints aux premiers, faisoient un nombre de plusde 8000 hommes ou femmes.
M. de Riquet disoit dans la même lettre « : le ne faurois vous taire , M.,» deux bonheurs qui se sont rencontrés dans l’excavation du badin de Naurouse:» c est qu à cet endroit-là, où jamais homme ne sétoit imaginé qu’il pût y avoir» de la pierre de taille, j’ai trouvé de très-bonnes& grandes carrières qui peuvent» fournir à toute forte de bâtimens ; & des sources d’eau tellement grosses Si» vives, que dans le temps le plus sec qu il ait jamais fait, Si pendant que les» plus grosses rivières font presque taries, ces íòurces coulent avec véhémence,» Si íèroient capables d’entretenir le Canal, au moins du coté de Toulouse.» MM. de Lésons Si de la Faille vous pourront témoigner qu une partie du Canal se» trouva remplie de la seule eau qu on en tire avec des seaux & des comportes,» afin quelle ne fasse pas obstacle aux travailleurs du baíìîn , eníbrte que» nous y navigeames pendant une demi-lieue ».
Si M. de Riquet avoit toujours eu le même nombre de travailleurs , il auroitfait íàns doute beaucoup plus de diligence dans ses travaux; mais dans le tempsde la moiíïon Si des vendanges, une grande partie de ces travailleurs i’aban-donnoit pour aller faire la récolte.
33. M. de Riquet avoit eu le dessein de donner au bassin de Naurouse 544
toises de contour dans œuvre, de maniéré qu il y eût un grand quai tout à i’entour,Si de mettre au milieu du baffin un piédestal, au-destùs duquel auroit été la figuredu Roi, tenant un pied íùr un globe, le sceptre à la main, dans un char traîné pardes chevaux marins ; le tout appuyé íùr un rocher d où il eût jailli une grandequantité d’eau, que le Roi eût paru confier à la Prudence, représentée par quatreserpens attachés à un bassin au-dessous; ce bassin auroit distribué les eaux par degros jets aux quatre Parties du monde représentées par quatre figures : ces eauxeussent ensuite formé 4 fleuves principaux, d’où elles se seroient perdues dansle grand bassin au bas du piédestal. M. de Riquet fit faire le plan, tant du bassin&du quai, que de ce piédestal, qu il envoya à M. de Colbert dans le mois deDécembre 1669; mais ce projet n’a jamais eu d’exécution. Le baffin de Naurouíè,dit M. de Froidour, doit être revêtu dune belle maçonnerie, 8 i environnéd’un beau quai ; Si l’on doit bâtir une ville régulière Si tirée au cordeau toutautour, avec des pavillons íùr le modèle à peu près de la Place Royale de Paris.Toutes les maisons íèront égales, & bâties les unes comme les autres. Il y aurade belles & grandes arcades par bas pour aller à couvert le long du quai. Il ydoit avoir aussi une paroisse, ou quelque couvent de Religieux, avec un aríènalou magasin où l’on tiendra toujours des bateaux à couvert, A où l’on aura toutes