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les choses nécessaires pour en bâtir d’autres, & pour les équiper. On en a faitun plan relevé en bosse & fur la nature du lieu, à la maniéré dont vous savez ,que le Roi a fait lever les plans de quelques Places de ses nouvelles conquêtes,& de quelques autres qui font du département de votre Intendance. Ce planqui contient toutes les choses, telles que je viens de vous les décrire, est dans labibliothèque de M. de Colbert, & je puis vous dire que quand une fois il ieraexécuté, ce fera constamment une des plus belles choses du Royaume.
34. Après f adjudication de la seconde partie du Canal, à du port de Cette,M. de Riquet s’empressa de faire travailler à ce port ; mais la montagne de Cetteétoit une efpece d’iíle déserte Sc inhabitée , séparée d’Agde par un vaste étangque formoient les eaux de la Mer. On ne pouvoit parvenir à Cette montagnequ en traversant cet étang, que l’on passoit quelquefois à gue dans un endroicfort étroit appellé la Gaye, passage dangereux, Sc íur-tout impraticable lorsquirégnoit de gros vents. La longueur du trajet d Agde a Cette, faisoit perdre beaucoup de temps aux travailleurs qui étoient obliges de íe retirer le íôir a Agde. M*de Riquet, pour former un passage plus court,libre Sc aisé,& communiquer à cettemontagne, où il prévoyois d’ailleurs que la construction du port procurerait al’avenir rétablissement dune ville, s’adressa a M. de Pesons, qui íùr ses repreíènrations, & d’après ses offres, rendit une ordonnance le 28 Decembre I P aílaquelle il permit à M. de Riquet de faire construire à ses frais une levée ou jettée,pour traverser l’étang de Frontignan, depuis la métairie de Pariai jusqu a la plagede la Mer, Sc communiquer aisément à Cette, laissant à cette jettee des cuvertures avec des ponts dormans, pour le courant des eaux, Sc un pont tournant,pour le passage des bateaux : Sc íùr la demande de M. de Riquet d un droit epéage íùr ladite jettée, Sc du droit de pêche dans cet étang pour son indemnité,M. de Béions le renvoya pardevant Sa Majesté. Il fut cependant d avis accorder lesdits droits de pêche Sc de péage, en passant Sc repassant íùr ladite jettee,
au moyen de la perception duquel M. de Riquet seroit tenu de 1 entretien deladite jettée.
M. de Riquet ne fit point autoriser cette ordonnance par le Con ei , cependant il fit construire cette jettée, & perçut sans contradiction les droits e pa âge
& de péage, fixés par la même ordonnance, Sc jofût du droit de pêche quellelui accordoit.
3 5 • Au commencement de l’année í 670, la partie du Canal, depuis la Garonnejusqu au lieu appellé du. Perrier , étoit finie : M. de Riquet y fit mettre 1 eau, Scs en servit pour le transport des matériaux qui lui étoient nécessaires. Cette partie,ainsi que celle depuis le Perrier jusqu aux Naurouíès, qui faisoit 1 objet de la pre-mière adjudication, auroit été plutôt finie sans la nécessité où fut M. de Riquetde refaire les écluses qu’il avoit déja fait construire, pour leur donner une formeovale au milieu de leurs bassins , pour les élargir, afin de procurer un librepassage aux barques appeliées Caponts qui faiíòient le commerce du Rhône, Scdont l a largeur étoit de 16 pieds , & pour leur donner plus de solidité, commeus le dirons ailleurs.
Sur la fin de cette année 1670, 8 c dans le mois de Novembre, le fil* 0 *
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