:2b HISTOIRE DU CANAL
Colbert, accompagné de plusieurs Seigneurs & de M. de Riquet, visita le Canal,depuis Toulouse jusqu à Agde, ainsi que Saint Ferrioi, & les rigoles de la mon-tagne Sí de la Plaine : il témoigna de l’admi ration à la vue de tant de travaux ;il yavoit dé j a à cette époque près de 144 toises de môle au Port de Cette, uneEglise, un magasin pour le pain, les vivres & les poudres, un puits, 4 forges;des écuries à mettre 200 chevaux ; & le logement nécessaire pour M. de RiquetSc ses employés,
Tous les Seigneurs qui compoíoieíit les Etats de Languedoc en 1670 , furentpasser les Fêtes de Noël à Cette, pour avoir le plaisir de voir les ouvrages dece port qui, par les foins de M. de Riquet, eut bientôt la plus grande réputation :en effet le 17 Avril 1671, il y avoit 64 barques , dont 28 en sortirent char-gées de vins , du port de 2000 tonneaux ; 14 faifoient leurs chargemens, Scle loir du méme jour il en arriva au-delà du double.
3 6. Dans le même-temps que l’on travailioit au port de Cette Sc au Canal du côtéde Toulouse, on travailioit au Canal des étangs ( voye^ art. 100 ). Voici ce qu’endisoit M. de Froidourau mois de Mai 1671 : d’un côté on doit y faire aboutirles Canaux qui viendront de Nauroufe ou du point de partage, Sc qui commu-niqueront à l’Océan; Sc de l’autre côté on y fait joindre un petit Canal que l’onprend au travers de la plage, par lequel il aura communication à la Mer Médi-terranée. Ce Canal est presque achevé, Sc il ne reste plus qu’à ouvrir Sc percerun reste de plage , pour lui donner son embouchure dans le Port. Il aura 800toises ou environ de longueur , & il y en a déja 776 de faites. On lui en donne8 de base , 6 d’ouverture, & deux de profondeur. On a fait à droite Sc à gaucheun corridor, le long duquel régné de part Sc d’autre une levée de 6 à 7 piedsde hauteur, qui en a 17 ou 18 de base, & 7 au couronnement ; mais il y a cettedifférence à observer, tant au regard du Canal que de la levée, que ce qui paíïedans la plage n est que de terre , Sc ce qui pasie dans l’étang est bâti ou revêtu àpierres seches. Comme l’étang étoit fort plat fur les bords, il a fallu, durantl’eípace de 420 toises, y creuser le Canal, Sc le fortifier de ces fortes de murspour empêcher les eaux de l’endommager ; Sc parce que le rivage de la Merest aussi fort plat, on y creusera de la même sorte, Sc l’on continuera le Canaljusqu’à ce que l’on y trouve 16 pieds de fond, lui donnant insensiblement un peuplus de largeur, à messire qu’il s’avancera dans la Mer, afin que l’entrée enssiitd’autant plus facile. On fera aussi à droite Sc à gauche un semblable mur, que l’onfortifiera avec des ouvrages de charpente, pour le défendre de l’astàbiement,
37. Le 4 Mai 1671, M. de Riquet fut obligé de solliciter une ordonnancede M. l’Intendant, qui enjoignit à tous les voituriers & charretiers circonvoi-sins du Canal, & des lieux ou l’onportoit les matériaux pour ses ouvrages , devoiturer par préférence ces matériaux, moyennant vingt fols par lieue , pourchaque charrette portant vingt-deux quintaux, à peine de répondre en leurpropre & privé nom du retardement desdits ouvrages.
Le motif de cette ordonnance fut que les voituriers se prévalant du besoinpreíîànt de M. de Riquet, se faifoient bxtraordinairement payer chaque char-roi ou voiture, sans qu’ils voulussent mettre fur leur charrette la moitié pesantde ce que leurs bestiaux pouvoient traîner. 38.