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D Ë LANGUEDOC, Chap. L
3S. La foute que le Canal devoit tenir, suivant le projet de M. de Riquet Scle devis de M. le Chevalier de Cierville, se trouvoit éloignée de la ville de Castel-naudarry : ee n étoit pas que son passage près des murs de la ville fut absolu-ment impossible ; mais il étoit beaucoup plus dispendieux, à cause d une pluslongue excavation dans un grand circuit quil falloit faire alors. Cepen-dant les habitans de cette ville qui n’avoient aucune rivière, ni ruisseau, pour letransport de leurs denrées , sentant savantage qu’ils retireroient du passage duCanal près de ses murs, en firent la propofition à M. de Riquet, qui la com-muniqua à M. de Colbert, Sc après l’approbation de ce Ministre , il fut pasteun traité le 24 Mai 1671, entre M. f Evêque de Saint Papoul & M. du Cap,Juge-mage , Députés par délibération générale de la Ville, Sc M. Lontigué,Procureur fondé de M. de Riquet, par lequel il fut convenu que la ville deGastelnaudarry donneroit 30000 livres, au moyen desquelles M. de Riquet sechargea, fous le bon plaisir du Roi, de faire palier le Canal près de ladite ville ,à un endroit appeilé le Pré de U étang, où il feroit construire un port commodepour rembarquement Sc le débarquement des marchandises.
Ce traité fut autorisé par Arrêt du Conseil du 14 Octobre 1673. Cetteville de Casteinaudarry, autrefois très-petite,a reçu son agrandissement dupaíïâgedu Canal près de ses murs, par la facilité.quil a procuré à ses habitans, pourle commerce de toutes les denrées dont cette contrée abonde. M. de Riquet pro-fita avantageusement du vallon ou Pré de fétang, en le barrant pour en for-mer un bassin , de près de 6oo toises de tour, où il y avoir 18 pieds d’eau aumilieu, Sc dont on a depuis revêtu une partie en pierres de taille.
39 ° Do Canal, depuis son embouchure dans la Garonne jusqu à Naurouse ,fut fini au commencement de 1672. M. de Froidour écrivant le 6 Mai 1671,diíoit : «En l’état que sent les travaux, il y reste fi peu de choses a faire que j ose <rvous assurer que dans le cours de cette année ce Canal sera tellement achevé, ccque l’on pourra, fans aucun contredit, s’en servir pour la navigation. Cependant asi vous voulez écouter la plupart des gens du pays, vousn’en trouverez presque «point qui ne vous soutiennent que cette entreprise n’aúra aucun succès » ;car, outre les préjugés de l’ignorance , plusieurs en parlent pâr chagrin,peut - etre parce que pour faire le Canal, on leur a pris quelque mor-ceau de terre dont ils n’ont pas été dédommagés au double ou au tri-ble , selon qu’ils se letoient proposé. Il y a (bailleurs des esprits bourrusqui vous diront la même chose , parce qu’ils sent accoutumes a désap-prouver & à décrier tout ce qui s’entreprend d’extraordinaire. Il s’en trouvemême d’assez mal tournés, pour en parler mal, par l’envie & parla jalousie qu’ilsont contre le mérite & le bonheur du sieur de Riquet. Et enfin comme il y a peude personnes dans cette Province qui soient versées en ces fortes de matières, Sc quia yent l’intelligence de ces travaux, plusieurs n en parlent que comme ils en enten-dent parler aux autres; Sc parce qu’il y a toujours des mécontens, ces ouvragesne manquent pas de trouver des contradicteurs. Après que l’on a vu que la rigolea porté ses eaux de la Montagne noire au bassin de Naurouse ; que depuis cebassin on pouvoit faire des canaux jusques aux sources des rivières, jq ul d e P ar1;
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