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HISTOIRE DU CANALSc d’autre communiquent à la Mer ; & que l’on pouvoit continuer les mêmescanaux le long des rivières, ou se servir des rivières même, en les élargiíïàntSc y faisant les travaux nécessaires; après que ces'choses ont été palpables Scsensibles, personne n a plus douté de la possibilité de l’entreprise. Tout le veninalors s 'est porté du côté des travaux , & on les a décriés de telle forte que c’estune eípèce de merveille de trouver un homme, qui ne íoit pas prévenu de im-pression que cette entreprise ne réussira jamais. Malgré les préjugés de igno-rance Sc de Tenvie, seau de la rigole ayant rempli cette partie dans moins de^ P^emierepartie 6 jours, aumoisde Janvier 1673, quatre des plus grandes barques de la Garonne1672, furent à Naurouse, Sc revinrent à Toulouse chargées de différentes marchandi-
ses pour plusieurs Particuliers, Sc notamment des denrées de M. le premier Prési-dent de Toulouse, venues de íà terre de Montesquieu; Sc íhr la fin du mois deJanvier, M. l’Archevêque de Toulouse , s’embarqua à Naurouse pour serendre dans fa Capitale.
40. Les Marchands de Gaillac qui navoient pas trouvé du côté de Bor-deaux à vendre leurs vins, se servirent du Canal pour les débiter dans le Lau-ragais, Sc l'on y établit une barque réglée quï venoit de Toulouse trois fois lasemaine à Naurouse; M. de Froidour, dans fa lettre du 26 Février 1672 , ajouteque si le Canal eût été ouvert du côté de la Méditerranée comme du côté deTOcé'an , la Province auroit tiré cette année-là plus d’un million par le débitde ses grains dont il y avoit disette à Malte, en Sicile, Sc dans plusieurs partiesde Tltalie. Auísi la réputation de cette grande entreprise s'étendit jusques dansietranger, comme on le volt dans les Transactions Philosophiques de la SociétéRoyale de Londres,année 1 669 n°. y6, Sc année 1672 n°. 84.
M. f Intendant voulant faire une visite exacte des travaux du Canal, íe trans-porta à Cette le 16 Mai 1673 ;il visita avec M. de Riquet les ouvrages de cePort; il continua íà route le long du Canal jusqu à Toulouse , après avoirexaminé les eaux de Saint Ferriol Sc des Rigoles ; il se rendit eníuite au châteaude M. de Riquet à Bonrepos, où étoit M. l’Evêque de Saint Papoul, Sc ilsdressèrent ensemble le mémoire de cette visite.
Suivant ce mémoire qui contient Pétât des travaux à cette époque, le bassinde Naurouse étoit non-seulement tout excavé, mais entièrement revêtu de pierresde taille, ce qui rendoit cet ouvrage solide Sc dune grande beauté. L’excava-tion du Canal depuis ce baffin jusqu à Caíteinaudarry étoit achevée, Sc l’on tra-vaiiloit fortement aux neuf corps d’éclufes nécessaires pour établir la navigationdans cette partie au mois de Novembre suivant, Sc la joindre à la partie faite deNaurouse jusqu à Toulouse, qui étoit navigable depuis le commencement deTannée précédente; Sc quant au surplus de l’excavation depuisCastelnaudarryjusqu a Trêbes, il ne restoit qu'environ 4500 toises à ouvrir.
Difficultés qu’on 41. Cette excavation avoit été retardée , parce qu’il n’avoit pas encore étésoslne. vcaCalcas * décidé si Ton feroit passer ou non le Canal près de Carcassonne. Il y avoitpour cela plusieurs choses à examiner, Sc Ton observa dans ce mémoire que leCanal pouvoit y passer, que même la ville en pouvoit retirer quelqu avantagepour son commerce ; mais la ville de Carcassonne auroit été obligée de contri-