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DE LANGUEDOC, Chap. L 23
buer à 1 augmentation de la dépense , qui étoit nécessaire pour détournerla route du Canal, & le rapprocher des murs de Carcassonne; on trouva fansdoute que cette augmentation de depense ne seroit pas comp en ée par esavantages qu en pourroient retirer les Commerçans de Carcassonne. Le Canal,passant par fa route naturelle, à 800 toises des murs de la ville , cet eloignementne peut jamais faire un grand objet de dépense, parce qu il est toujours néces-saire de charger sur des charrettes les denrées qu on voudroit retirer ou porterau Canal, soit à cent pas, soit à 800 toises de la ville.
42. Tandis que ces difficultés occupoient M. de Riqueta Carcaíïonne , i neperdoit pas de vue le port de Cette & fembouchure du Canal : la jettée oupeirade qu’il avoit fait construire à travers 1 étang de Frontignan, fit voir les avantages que le commerce en retireroit,par la facilite d aboutir de Montpe ier & eFrontignan jusqu à la montagne de Cette , precedemment inaccessible , & qui/depuis la construction du Portparoiíîoit devenir,comme M. de Riquet avoit prevu, une ville considérable. Le Roi afin d augmenter & de fortifier le commerce deCette, en y attirant un plus grand nombre d’habitans, & leur procurant un séjourlibre Sc agréable, permit par Arrêt du Conseil du 30 Novembre 1673 , a toutepersonnel bâtir L conflLre des maisons au à de Cette, vendre & débiter
librement toutes fortes de marchandises & denrées, avec exemption de tout peage.
M. de Riquet avoit presqu entièrement achevé les deux jettées du port de Cette P°« & ette *en exécution de son bail, au moyen de quoi ce port devenoit une retraite assuréepour les vaisseaux, bâtimens Sc barques, où ils pouvoient se mettre à couvertdes tempêtes Sc autres accidens ; la communication de la Mer à 1 étang eThau, Sc de cet étang au Canal ne souffroir plus aucune difficulté j mais, íòit parles éboulemens & vuidanges des rochers qui bordaient ce port Sc que onavoit fait sauter avec des pétards pour en tirer les pierres necestaires a a conmiction du Môle, soit par l’effet des vents ou autres causes naturelles, il s etoitformé successivement & peu à peu depuis le commencement du travail, un bancde fable qui arrêtoit les eaux de la Mer, Sc attiroit d autres sables . ces depots
auroient pu dans la íùite occuper la capacité du port,& rendre inutiles toutes es de
penses qui y avoient été faites. On eípéroit à la vérité que les courans que e ventde terre formeroit, Sc la compression des eaux dans leCanal qui devoit communi-quer de l’étang à la Mer,contribueroient beaucoup > âpres que lefdits bancs croientenlevés, à maintenir dans ce port un fond d’eau convenable , Sc à empecx erl’amas des nouveaux fables. Cependant le Roi commit M. le Cheva ier de C ^rville pour dresser un devis de ce qu il convenoit de faire, pour a per ection uport, le curement des sables, l’ouverture du Canal de 1 étang à a Me r,& autresouvrages ; Sc. ordonna que M. de la Feuille iroit visiter les ports de Genes &de Savone , afin de connoître mieux la manière dont on les entretenoit, & aqualité des ouvrages que l’on y avoit faits pour empecher 1 amas des íà es.
à. de la Feuille, après avoir exécuté les ordres du Roi, se rendit avec M.
Chevalier de Clerville chez M. d’Aguesseau, où après plusieurs conférences 'les mesures prises fur le port de Cette, il fut dressé un devis des ouvrages q^convenoit d’y faire, d’abord le curement Sc nettoiement des sables, ensuite ou-