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Cependant les Diocèses de Toulouse, de Lavaur Sc de Cadres délibé-rèrent de íè joindre à la Communauté de Revel pour concourir à ce rétablitsement , Sc cette Communauté fut autorisée par les Etats, à traiter pour ceteffet avec MM. les Propriétaires.
81. En 1765 , un Négociant de Revel nommé Sarrat , offrit d’entreprendre 'cette navigation à son profit par le moyen dune nouvelle Compagnie, Sc il sutautorilé par la ville de Revel à présenter Requête au Conseil, Sc à íuivreune instance contre MM. les Propriétaires; la Requête fut reçue d après lavisite, & lavis de M. Cendrier. Les Propriétaires exposèrent alors que ce nouveauprojet exigeoit des écluses plus considérables, un élargissement général Scun entretien très-diípendieux; Sc que dans le cas où le Conseil jugeroit cettenavigation utile, ils s'en chargeroient encore sans prétendre aucun bénéfice, àcondition queles Communautés, la Compagnie, ou la Province payeroient 1 en-tretien, & fintérêt du capital, A qu on ne payeroit point de droit fur la rigole,ou bien qu ils percevroient siir la rigole les droits ordinaires du Canal, Sc paye-roient la construction Sc l’entretien íuivant le prix des adjudications qui íèroientfaites en réglé , par ordre du Roi, ou de la Province ; à la charge qu onles indemniseroit dans la fuite , si ces droits ne se trouvoient pas suffisants pourl’intérêt du capital, Sc pour les réparations , après le compte fait de Clerc àMaître.
La ville de Revel résilia ces propositions en 1767, préférant celles deSarrat.
Dans une consultation pour celui-ci imprimée à Paris en 1768 chez A.M.Lottin , signée l’Herminier, Angeleíme de Saint-Sabin Sc Aubry , on foute-noit que le droit de MM. les Propriétaires du Canal ne pouvoit empêcher le Roi defaire les entreprises utiles au bien de l’Etat ; & dans une Requête imprimée, oníbutenoit qu ils dévoient être exclus de l’entrepriíe Sí de la direction de cetterigole , parce qu ils Tavoient trop long-temps refusée Sc empêchée , Sc mêmeSarrat demandoit en conséquence la propriété de cette rigole, de ses sranc-bords & de cette partie du fief du Canal.
Les Députés du Commerce dans leur avis du 20 Septembre 1768 , sem-bloient incliner pour qu on donnât la préférence à Sarrat; mais les Propriétai-res du Canal ont dû naturellement s y opposer ; ils ont des droits incontesta-bles íùr la rigole , ils ont toujours offert d établir cette navigation , si le Roi lajugeoit nécessaire, avec la feule condition de n être pas en perte dans cette entre-prise ; cette condition paroît très-juste, Sc aucune Compagnie n auroit pu íècontenter dune pareille proposition.
Il paroît en général que cette navigation íèroit bornée à la íèule plaine deRevel, si le chemin de Castres A de Lavaur à Revel, n étoient pas perfectionnés,Sc quelle seroit très-incommode par la sinuosité de la rigole qui obligeroitles barques à parcourir íept lieues de rigole, Sc deux de Canal, de Revel à Castelnaudarry, au lieu qu il n y a que trois lieues en droiture fur une belle chauf-fée que la Province fait construire. Cette navigation seroit nécessairement siispendue pendant les travaux du Canal, pendant ceux du réservoir , Sc lorsqu ily auroit à craindre la disette d’eau dans le grand Canal ; comme elle seroit