ÂU CANAL DU LANGUEDOC, ChàpiV. iij
^®'.^ ana ^ à navigation se peut bien plus heureusement pratiquer dans des combes ou. vallonsadjacens à la rigole de dérivation, que de les creuser, avec beaucoup de dépense, dans leslieux pleins adjacens audit Canal de jonction, pù il a été projette d’en faire de fort grands , ilelt certain que se servant des avantages de nature qui se rencontrent pour cela en plusieurse° roits proeh 6 de ladite rigole, l’on ne dépensera guere plus de dix mille Uvres pour chacundesdits réservoirs, & que le nombre de vingt pouvant suffire , les frais de cette dépense né doiventpas monter à plus de deux cents mille livres, non compris toutefois l’achat du fond des terresqui s’estimera, selon la proportion des lieux qui se trouveront plus propres pour lesdits réservoirs.
Mais comme il s’y doit faire une estimation du fond des terres, qui pourront être occupéespour Fexcavation du Canal de jonction , qui doit être taillé en plein drap ; aussi bien que decelles qu’occupera la rigole de dérivation, l’on peut compter pour neuf cents trente-fix arpens oxxenviron, que 1 un & Fautre occuperont tant en excavation qu’en placement des terres qui serontfangées en digues, fur les bords du Canal susdit deux cents onçe mille huit cents livres , à raison dédeux cents livres pour chacun arpent l’un portant Fautre , contenant six cents perches mesure de
•Languedoc., ci ...... . ......,. .211800 liv.
II y a vingt-cinq moulins fur les rivières de Lers & Fresque}, dont il faut estimer îe dédomma-gement, parce que Feau leur sera ôtée , pour être transférée dans ledit Canal ; & comme ils néValent guere moins de cinq mille Uvres l’un portant Fautre , à compter fur le pied de leur revenu ,
on peut faire état pour cette partie de jìx vingt-cinq mille livres , ci....125000 liv.
Il y a encore quelque recreuíement à faire dans la robine de Narbonne, que'ques fossoyernenspour tirer, quand il en sera besoin , de i’ancien lit des rivières, les eaux superflues qui y seronÊjettées par la rigole de dérivation 5 & il y a aussi plusieurs digues & chaussées de maçonnerie àfaire, tant pour détourner les ruisseaux de la Montagne noire, que pour faire un passàge réglé àtravers la rivière d’Aude, & un à travers celle d’Orbieu, de quoi il n’est point ici fait état nonplus que d’un percement de montagne de cent dix toises de longueur qu’il faut ouvrir ; & parceque la plupart de ces travaux-là ne se peuvent estimer au juste que dans leur construction, on nesauroit guere moins mettre de six cents mille livres pour ce!a,& pour plusieurs dépenses inopi-nées que l’on ne sauroit prévoir présentement, & qu’il faut presque'de toute nécessité remettrea la prudence & à la fidélité de ceux qui seront préposés pour la direction des ouvrages 8c desdépenses dudit Canal.
II y a aussi quelques ouvrages de maçonnerie à faire pour faire passer îes eaux pluviales par-dessus la rigole de dérivation aux lieux où elles tombent des montagnes avec plus d’impétuosité j^ il y a même quelques endroits où il sera bon de la défendre par le moyen de quelques contre-offés ; mais comme le tout ne peut être estimé au juste, que dans son exécution , l’on peut cepen-dant faire état pour cette partie de cent mille livres, ci.. .... .100000 liv.
II n’est point ici compté quel ménage se pourra faire par le foin qu’on prendra de se servirquelques endroits des canaux de Fresque!, Lers, & même d’Aude, parce qu’il faut avant celaconvenir ou disconvenir des raisons qui doivent avoir été alléguées, ou du moins qui le serontUt ’a nécessité de tailler en plein drap un Canal, plutôt que de se servir de ceux desdires rivières,omme totale des 8 articles.............4897562 liv.
'Edit d’Ocíohre lâáâ pour le Canal de Languedoc .
Louis, par la grâce de Dieu , Roi de France & de Navarre , à tous présens & à venir salut,dien que la proposition , qui Nous a été faite pour joindre la Mer Océane à la Méditerranée parUn Canal de transnavigation, & d’ouvrir un nouveau port en la Méditerranée , sur les côtes destotre Province de Languedoc, ait paru si extraordinaire aux siècles passés, que les Princes lesPjus courageux, 8c les nations qui ont laissé les plus belles marques à la postérité d’un infatiga-je travail, ayent été étonnés de la grandeur de Fentreprise, & n’én ayent pu concevoir la poss-ibilité; néanmoins comme les desseins élevés font les plus dignes des courages magnanimes, &Mu étant considérés avec prudence, ils font ordinairement exécutés avec succès, aussi la repré-e ntatiôn de Fentreprise , 8c les avantages infinis que l’on Nous a représentés pouvoir revenir auc °tnnierce, de la jonction des deux Mers, Nous a persuadé que c’étoit un grand.ouvrage deP^lx , bien digne de notre application & de 110s foins, capable de perpétuer aux siècles à venira mémoire de son Auteur, & d’y bien marquer la grandeur , Fabondance , Sc là félicité de notrere gue : en effet Nous avons connu que la communication des deux Mers donneíoit aux nationsj, e r °utes les parties du monde , ainsi qu’à nos propres sujets , la facilité de faire en peu de joursune navigation assurée & par le trajet d’un Canal au travers des terres de notre obéissance, &^F>eu de frais , ce que l’on ne peut entreprendre aujourd’hui, qu’en passant au Détroit de Gibraltarec de très-grandes dépenses, en beaucoup de temps , & au hazard de la piraterie & des nau-njges ; ainsi dans le dessein de rendre le commerce florissant dans notre Royaume, par de si con-^ era bles avantages, & néanmoins ne rien entreprendre que dans la vue d’un succès certain ,^ OU8 avons, après une discution fort exacte des propositions qui Nous ont été faites . pour raisonriré^c?o*àuction du Canal, qui doit faire la jonction des deux Mers, député des Commissairesj P u Corps des gens des trois Etats de ladite Province de Languedoc, pour conjointement avec0t ss m *stai re s de ladite Province de Languedoc , Présidens pour Nous auxdits Etats , se transsCa ^ Ar k/ CS ^ eux âvec les personnes intelligentes, 8c nécessaires, pour la construction duditiN°us donner leur avis fur la possibilité de Fentreprise ; ce qui ayant été exécuté par lesditsavi m f i CS aVec Imaucoup de circonspection 8c de connoissance , ils Nous auroient donné leurs tir la possibilité defexécution des susdites propositions, A fur la forme Sc manière en laquelle