Devis lu Cheva-lier de Cierville.
Rigole de déri-vation.
120 PIECES ORIGINALES RELATIVES
Les Présentes aveê l’Arrêt du Conseil d’Etat attaché sous le contre-Sceî, ont été enregistrésès Registres de la Cour du Parlement de Toulouse, pour être le contenu en iceux gardé Scobservé suivant sa forme & teneur, oui le Procureur général du Roi, suivant P Arrêt de ce jour-d’hui, donné par ladite Cour, les Chambres assemblées audit Toulouse le 16 Mars i66j.
Registre ès Registres du Bureau des Finances de la Généralité de Toulouse, avec PArrêt duConseil attaché au contre-Scel, pour être le contenu en iceux gardé & observé suivant & con-formément à la volonté de Sa Majesté, Sc l’ordonnance des Registres de ce jourd’hui, oui &requérant le Procureur du Roi, à Toulouse audit Bureau le 27 Mars 1667.
ARRET d’adjudication des ouvrages d faire pour le Canal de communicationdes deux Mers Océane & Méditerranée en Languedoc. *
Extrait des Registres du Conseil d’Etat, du 14 Octobre 1 666 .
Le Roi voulant pourvoir au rétablissement du commerce, & le rendre plus fleurissant qu’en aucundes siècles passés; & ayant fait examiner en son Conseil à cet effet les propositions faites à SaMajesté, par M e Pierre-Paul Riquet, Sieur de Bonrepos, pour la construction d’un Canal decommunication des Mers Océane & Méditerranée dans la Province de Languedoc, Sa Majestéles auroit jugées si avantageuses tant à ses sujets qu’aux autres peuples de l’Europe, que pouren connoître la possibilité, Elle auroit député les Commissaires du Corps des gens des trois Etatsde ladite Province de Languedoc , avec les Commissaires Présidons auxdits Etats; lesquels s'étanttransportés fur les lieux, auroient donné leur avis de la possibilité de faire ledit Canal, & de laforme qu’il doit être construit ; fur lequel Sa Majesté auroit fait dresser le Devis & état destravaux qu’il convient faire pour la construction dudit Canal. Mais auparavant que d’entrepren-dre un si grand ouvrage, Sa Majesté auroit jugé à propos d’y faire travailler par Fessai d’unpetit Canal ou rigole de dérivation ; ayant à ces fins, par Arrêt du Conseil d’Etat du 27 Mai166 f , commis ledit Riquet, pour, fous les ordres des sieurs de Bezons Sc Tu'oeuf, Conseillers deSa Majesté, Intendans de Justice, Police & Finances en Languedoc, faire procéder audit essai;lequel ayant autant bien réussi comme on pouvoit î’efpérer , & assuré Pévénemenc de cette entre-prise , Sa Majesté auroit résolu d’y faire travailler fans aucun retardement ; Sc à cet effet auroitordonné au sieur Chevalier de Cierville, Commissaire général des Fortifications de France, dedresser un nouveau Devis de la forme & manière en laquelle Sa Majesté entendoit îefdits ouvra-ges être faits , pour conduire ledit Canal de communication des Mers , depuis la rivière de Garon-ne, au-dessous de la ville de Toulouse, jusques en celle d’Aude, proche la ville de Trêbes , ainflqu’il s’enfuit.
EXT R AIT des Régisses du Conseil dEtat : Devis de ce qui eft a faire pourjoindre la Mer Océane d la Mer Méditerranée , par un Canal detranfnavigation , qu on projette de tirer de Toulouse d Narbonne.
Après que Sa Majesté a repris le dessein qu’avoient eu plusieurs des Rois ses prédécesseurs,pour joindre la Mer Océane à la Méditerranée, par un Canal de tranfnavigation de Toulouseà Narbonne ; discuté toutes les propositions qui leur avoient été faites lur ce sujet en plusieurssiècles ; pris foin de faire vérifier fur les lieux la possibilité de cette entreprise ; fait faire avecde grandes dépenses un essai palpable pour la persuader, aussi bien que pour la connoître; jugépar plusieurs sensibles démonstrations de son infaillibilité , Sc ordonné qu’il fut dressé par le Che-valier de Cierville , Commissaire général des Fortifications de France , un Devis exact de ce quiétoit à faire pour la Conduire à une heureuse fin ; il a été trouvé à propos, que pour fournirpendant toute l’année, le Canal projetté d’une quantité d’eaìi suffisante au porc des bateaux quiauront à y naviger, il sera premièrement, & préférablement à touc autre chose, travaillé à laffp'ole de dérivation ; par laquelle les eaux étrangères qu’on fe propose conduire de la Mon-tagne noire au point de partage , où doit être faite la distribution de celles qui feront verséesdans la rivière du petit Lers, qui a ses pentes du côté de Toulouse , & de celles qui doivent■être portées dans leFrefquel, qui a les siennes du côté de Narbonne, afin que la portion duCanal qui fe tirera par après de Tune Sc de l’autre de ces deu£ rivières, qui ne font que defoibles filets dans leur principe , en soit remplie , & que tout le reste de ce Canal ( dans la cons-truction duquel on ne fera que redresser le cours de ces rivières, pour les renfermer dans un vais-seau plus droit & plus commode a la navigation ) puisse être assisté & entretenu d’une reproduc-tion perpétuelle, telle que sera celle des sources de la Montagne noire , dont on y attirera leseaux par le moyen de la rigole susdite, & par celui des réservoirs qu’on fera pour la renforcerdans les temps que la chaleur excessive du Soleil les pourroit affaiblir de quelque chose.
La rigole de question fe prendra de la rivière d’Alzaux , dans ladite Montagne noire, d’aussíhaut qu’il fera nécessaire , pour en pouvoir amener toute Peau dans le Canal de question par deslieux moins escarpés Sc moins penchans que ceux qui avoient été occupés dans Fessai qui s’enfit pat ordre de Sa Majesté Fannée passée: mais afin qu’elle subsiste mieux par toute son étendue,A que le poids de Peau qu’elle doit contenir ne la puisse pas crever, ni que quelques ennemisdu bien public ne la puissent pas facilement ouvrir pour en faire écouler les eaux ; il fera observé,qu’elle doit être placée en telle assiette qu’elle ait toujours une épaisseur de quatre toises de terre,
* Cec Arrêt, &Ie Devis gui y esteontenu , fureur imprimés & fe trouvent joints au Manuscrit 4 e la Bibliothèque du Roí t n°« 202,
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