PETITS CANAUX EN LANGUEDOC. 163
On ajoutoit que la Robine n avoir pas aíTez d eau pour les batimens de mer,en forte qu il faudroit faire un renversement de marchandises, qui causeroitdesretards & des frais au commerce ; qu on ne peut entrer à la Nouvelle quepar un vent de Nord ou d’Est tout formé, au lieu qu on va à Agde par leCanal des étangs; que le grau d’Agde devenant moins utile seroit moins entre-tenu, ce qui ruinerait cette ville pour élever Narbonne fur ses débris, &seroit d autant plus dangereux pour la Province que les moulins de la rivièred’Hérault font très-néceífaires Sc pourroient fournir de la farine à toute unearmée.
189. Telles font en abrégé les raisons alléguées de part & d’autre dans legrand nombre de Mémoires que cette longue contestation a occasionnés, nousen verrons bientôt encore quelques autres (191). Il seroit difficile de íe decider, si ensin la Province de Languedoc navoit arrêté la jonction des deuxcanaux, ce qui semble prouver que les avantages surpasseront les inconveniens ;mais aussi le moyen qu on a pris pour fournir des eaux , semble justifier ceslongues oppositions.
Nous avons dit plus haut qu en 1756 la ville de Narbonne avoir pris vê-E M.des délibérations pour procurer f exécution du Canal; ìly eut bientôt un Arrêtdu Conseil du 17 Janvier 1737; en conséquence de cet Arrêt, M. de Ber-nage nomma pour la visite des lieux, M. Thierry , Ingénieur en chef à Per-pignan, dont le Procès-verbal fut favorable a la ville de Narbonne; mais furles contestations élevées à ce sujet, on convint qu il seroit fait une autre véri-fication f été suivant par M. de Clapies; elle fut faite le 2 y Juillet 173 9 > ^lut encore favorable à la proposition de la ville de Narbonne.
En 1751, la ville de Narbonne, par délibération du 2y Fevrier, subrogeaM. le Marquis de Grillon dans tous ses droits pour les avantages de l’Arrêt de1686 , afin de continuer le Canal de la Robine depuis le Gaillousti jusques augrand Canal vers le íomail; on en demanda 1 homologation au Conseil; mais ^
les Etats du Languedoc s’y opposèrent en 1754 * H paroit que fur les Mémoi-res respectifs des Parties, on trouva que les conclusions des vérifications n etoient pas d’accord avec les opérations, qu on fut peu frappe des avantages dece projet Sc beaucoup des inconvéniens, enfin les Etats delibererent de s op-poser nettement à la construction de ce Canal.
M. Camus, de f Académie des Sciences, consulté sur ce Procès en 17 y q, trouvaqu'il n y avoir aucun danger pour la navigation du grand Canal, dont les eauxLouvoient être remplacées par une partie de celles de la rivière d Aude ; il jugea,comme M. Thierry dans fa vérification, qu on pouvoir faire à la prise d eau dansl’Aude une chaussée assez forte pour éviter tous les risques; Sc quoique M.
Thierry eût pensé qu on pouvoir se servir de la rivière d Argendouble, & queles vérifications de MM. de Clapiés, Daste , & Danisy prouvassent la même cho-se, M. Camus pensoit quilétoit plus sûr de se servir de la riviere d Aude.
En i 7 y 7 , k cession faite à M. de Grillon fut déclarée nulle par Arrêt duConseil du 19 Juillet: on naimoitpas fans doute à voir cette entreprise tomberentre les mains d’un Particulier ; mais on n’en reconnoissoit pas moins la validité
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