Canaux de Provence.
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Première ten-tative àe Fioquet.
Lorsque l’Archevêque d’Aix partit au mois d’Avril suivant, il sut encoresupplié par délibération de 1 *Assemblée des Etats de Provence, de renouvellesses instances pour obtenir 1 agrément du Roi. On envoya en effet des Ingé-nieurs pour faire le nivellement, ils trouvèrent que la montagne du J as blanc ,au territoire de Rognes, formoit un obstacle insurmontable, parce que la dépeníèd un percé de deux mille six cents toises excédoit les forces de la Provincefor une hauteur de cinquante-quatre toises ; cela découragea ceux qui avoientnais le plus d’ardeur dans cette entreprise; mais Fioquet assure que l'on se trompadans les nivellemens, & que d’ailleurs il étoit facile de tourner la montagne.
209. Ce furent ces difficultés de 1724 qui piquèrent la curiosité de Flo-^uet, Sc qui l’engagèrent vers 1733 ? à examiner de plus près les avantages& les difficultés de ce projet. Aidé par les Marquis de Vence Sc de Bruée, ilfit des voyages Sc des nivellemens, Sc chercha la route la plus favorable à cec ânaí ; il imagina de le diviser en deux branches pour communiquer à Mar-seille St au Rhône. Il adreíïà un Mémoire à la Cour ; ce Mémoire fut renvoyéa l’Intendant Sc aux Etats de la Province, Sc il fut unanimement approuvé enI734. Les nivellemens furent recommencés en 173 6 Sc 1737, refaits encoreen 1742 Sc 1743* On trouva que la Durance à Canteperdrix étoit élevéede < 5 oo pieds au-dessus de la Méditerranée, Sc Fioquet traita alors avec grandnombre de Particuliers pour l’arrosage de leurs terres jusqu à concurrence deplus d’un million; il sit imprimer à Marseille en 1746, le devis de tous lesouvrages que l'on devoit y faire. Une compagnie d’Architectes Sc d’Entre-pteneurs se chargea de l’exécuter, moyennant six millions dans i’eípace de sixa ns, promettant de payer d’avance la valeur des terreins que l’on prendroit. Lespeines Sc les dépenses qu’avoit occasionnées le transport des vivres de l’arméedans la guerre de 1742 à 1748, fit renouvelles en 1749 le projet de 1718.
Ï 1 y eut des Mémoires présentés, par lesquels on proposoit de tirer un canalde la Durance, Sc qui se diviseroit en trois branches; la i re iroit de Mala-uaorte dans la rade de Marseille, la 2 e . de Merindol traverseroit le ComtatVenaiffin, Sc déboucheroit dans le Rhône au-deíïous de Donzere en Dauphiné ;ces deux branches seroient contiguës l'une à l’autre ; la 3 e . íèroit prise de cellede Merindol, paíïèroit par les plaines de Cavaillon ,& iroit tomber dans le Rhônea Avignon. On estimoit la dépeníè de cinq millions.
Fioquet forma en 1749 une compagnie de Bailleurs de fonds qui dévoientetre Propriétaires du canal , Sc dont les profits paroiffoient extremementconsidérables. Il publia en 1750 un ouvrage fort détaillé fur les avantages deCe canal, où il répondit à toutes les objections qu’on auroit pu lui faire , il
intitulé : Canal de Provence , ou Canal d’Aix & de MarsedLe ; Par J. A.hoquet, à Paris de l’Imprimerie de Remercier, in- 8 °. avec la carte du canal.
H publia encore en 1762 un abrégé historique du canal de Provence avecUne carte, Sc dans celle-ci l’on voit que le canal devoit avoir une seconde
ranche allant du point de partage de Lambeíc a Saint Rémi Sc à Tarascon.
^ est celui dont nous avons à parler dans les articles íìiivans.
210. Suivant ce projet de Fioquet, le canal fort de la Durance dans le Rome ^ canal.