206 CANAUX DE NAVIGATION, C h a ï. VIII.
Nourel examen # . A
du canal, pas praticable, malgré tous les ouvrages qu on y avoit faits. La moindre crue
de cette rivière l’encombre de fable, au point que lors de la visite elle étoit plushaute que la superficie du canal : il parut indispensable de 1 abandonner, & defaire une partie de canal de 170 toises, c’est-à-dire, de même longueur quecelle qui existoit dans la rivière. Cette partie de canal qui étoit à refaire, lesécluses qu il y avoit à reconstruire, le canal à élargir , les rigoles d’environ3000 toises de longueur, i’aqueduc de Bonde, le réservoir qu on se propo-soit de faire dans f étang de Patoye, les six aqueducs pour l’écoulement desravins, les chauffées, les bâtimens nécessaires pour l’administration, furent esti-més à 17o mille livres par ces deux Ingénieurs.
La longueur du canal qui restoit à faire depuis Rive de Gier jufqu’à SaintRomain étoit de 4891 toisés avec 168 pieds de pente, cela exigeoit 14 éclusesde douze pieds de chute fur ioy pieds de longueur, que l’on estimoit 14000francs chacune.
Il étoit question alors de faire un réservoir à l’étangdePatoye qui devoit con-tenir un volume d’eau d’environ 150 toises en carré, Sc de 30 pieds au moinsde hauteur à la bonde ; l’eau de ce réservoir devoit se prendre au-dessous deRochetaillée àl’enfourchement des sources de Janon, où on devoit faire un murou une digue pour la prisé d’eau ; elle devoit être conduite par une rigolede six pieds de largeur ,& environ 1800 toisés de longueur. On auroit faitaussi une rigole de même largeur depuis la bonde du réservoir jusqu’au ruisseaude Janon au-destòus de Terre-noire, qui neil est éloigné que de 1200 toisesau plus, Sc delà elle devoit prendre son cours ordinaire jusqu’à l’embouchuredu canal de Rive de Gier; mais toutes ces eaux se seroient peut-être perdues dansles fables : M. de f Orme a renoncé à ce réíérvoir; il a pensé que la rivière pou-voit suffire, Sc qu’il vâloit mieux interrompre la navigation pendant un mois,que de se jetter dans une dépensé énorme dont la fuite seroit douteuíé.
La partie déja commencée depuis le Rhône jusqu’à Saint Romain a envi-ron 2624 toises de longueur, avec 14 écluses Sc un barrage dans la rivièrede Gier , quelle côtoyé dans presque toute íà longueur. Quoique cettepartie fût navigable en 1770, il étoit indispensable de la rectifier, de l’a-ligner d’une écluse à l’autre autant qu’il étoit possible, de l’élargir en plusieursendroits pour quelle eût dans toute íà longueur 30 pieds de largeur au plafondavecun talus de chaque côté fur un angle de 45 degrés, & íùr la droite un trot-toir ou chemin de tirage de neuf pieds de largeur. Il falloit changer la partie<jui est dans la rivière de Gier, Sc faire une digue ou un perré au territoiredes Molieres, pour empêcher la rivière de Gier de faire des affouillemens. Desquatorze écluses, il y en avoit douze qui s’ouvroient avec des portes à basculesdont nous avons parlé. Celles qui s’ouvroient en dehors entraînoient les mursd’épaulement, Sc ayant quinze pieds de largeur íùr environ quatorze de hau-teur, elles étoìent d’un poids si considérable parleur construction, qu on ne pou-voit les élever ou ïes baisser qu’avec des treuils qui ne se mouvoient pas égale-ment, qui gauchissoient Sc se rompoient à leur assemblage ; ce qui avoit déja
La partie de navigation qu on avoit établie dans la rivière de Gier parut n etre