CANAL DE BOURGOGNE. 221
par le toisé l’on trouva 15971 toises depuis Dijon jusqu a la Saône à côté dubois de Langouges au-dessous de Saint Jean-de-Lône. On fit aussi visiter larivière d’Armançon qui se jette dans l’Yonne, & qu’on desiroit de rendre navi-gable. Il restait un intervalle à suivre par terre, ou un portage , de 4y millesentre ces deux rivières; car il paraissait bien difficile alors de les réunir parun canal.
266. Sous le régné suivant en 1612 , on revint à l’idée du canal de Cha-rollois, il y eut même une adjudication. Mais le projet de canal par Dijonne laissait pas que d’occuper le Ministère, & sur-tout les Bourguignons , commeon le voit dans un petit ouvrage intitulé: la conjonction des mers , dublié en*613 P ar Charles Bernard, en 21 pages in-^f. Comme ce livre est rare &ancien, nous rapporterons tout ce que P Auteur dit à ce sujet. Il voyoit sou-vent le Président Jeannin , célèbre Bourguignon , Contrôleur général desFinances ; on apportait à ce Ministre une carte du projet de jonction de laSeine & de la Saône : une personne qui étoit présente se récria sur i’impoísi-biiité qu’il y avoir toujours eu de vaincre la nature qui s’opposoit à ces sortesd’entreprises ; le Ministre íòutint que cela étoit possible, utile & glorieux ;c’est ce que Charles Bernard entreprit d’établir dans l’ouvrage qu’il dédia auPrésident Jeannin, & dans lequel il insista principalement fur futilité de cettecommunication par la Bourgogne.
C’est en cette Province, dit-ii, que cette conjonction plus facilement, & plus teutilement se peut faire : & que pour ce, les fleuves se peuvent assembler ; ccoutre le grand nombre qu’il y en a , les trois principaux de la France y ccpassent, la Seine, la Saône & la Loire, dont la Seine & la Loire, tombent «dans l’Océan, & la Saône dans la Méditerranée, cc
267. Ceux qui ont eu charge du Roi d aller voir les lieux , où se pou- ccvoit faire cette conjonction, en ont rapporté qu’on la peut faire facilement ccen plusieurs endroits, Sc tous font état d’un étang qui est assez près de Mont- cccenis, qu’on appelle l’étang de Longpendu , distant également des rivières de ccLoire Sc de la Saône qui font en cet endroit proches lune de i’autre d’environ ccdix-sept à dix-huit lieues. Ils disent que cet étang est fort grand , ayant deux ccbondes , & deux déchargeons, qui font chacun une petite rivière, dont cclune appellée’/cz Bourbinche , qui coule entre l’Occident & le Midi, se ccrend près du port de Digouin en la rivière de Loire, 8 c l’autre appellée la ccrivière de Deunne , va tomber du côté du Levant près de Verdun en la rivière ccde Saône , qui se mariant avec le Rhône , coule en la mer Mediterranée. ccF on fait état que le pays est plat, qu il y a plusieurs grands étangs & ruiíïeaux, ccdont ces deux petites rivières peuvent être aidées abondamment ; qu’avec ccdes écluses Sí des portes, elles seront rendues navigables , ayant celle de la ccËourbinche jusques en Loire, soixante pieds de pente, & celle de Deunne ccsoixante & dix, de sorte quélar giflant ces rivières jusqu à huit toises, avec trois cca quatre pieds de profondeur, ce qui pourra monter environ a trente mille toi- ccses d ouvrage de long , 8 c en tout à quelque quatre ou cinq cents mille ccde remuement de terre, en quatre ou cinq ans, elles pourront être rendues cc