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232 CANAUX DE NAVIGATION,-Chap.IX.
Abeille; mais M. Thomaísinportoitcette dépense à 19263882 livres, pour aug"menter les avantages du canal de Charollois (302),vérificationáe m. 282. La possibilité du canal dépend essentiellement du point de partage, Si
1 de la quantité d’eau que Ion peut y rassembler, pour quelle puiíîè íùffire à la
navigation. Cet examen important avoit été fait très-soigneuíèment par M.Chezy (280); l’on volt par ion mémoire rédigé au mois de Décembre 1752 ,que la quantité d’eau moyenne pour les six mois les moins pluvieux, est de 1449pouces, & pour les six autres mois de 6614 pouces, Sc que cette quantité, quine doit provenir que d’eau de íources, peut suffire au pasiàge de 5 000 bateauxpar année, dont un quart remonteroient vides ; quantité à peu-près pareille àcelle qui passe íùr le canal de Loing, où se réunissent ceux de Briare Sc d’Or-léans , dont la navigation est des plus floriílàntes.
; Indépendamment de ces eaux de íources, on pourroit íaire des étangs Sc rete-nues d’eau de pluye. M. Gabriel en a fait un état qui monte à 245574 boisescubes. Cette reíïource pourroit être portée à une bien plus grande quantité enélevant les chaussées, ou formant de nouveaux étangs dans d’autres gorges.Tout cela. joint aux eaux de sources que l’on peut rassembler au point de parta-ge , donne la plus grande certitude que l’on ne manquera point d’eau dans au-cun temps. Ce point départagé doit se trouver élevé, suivant le projet de M.Abeille, de 890 pieds au-deííus de la rivière d’Yonne, íur une longueur de75994 toises, Sc de 674 pieds au-deslus des eaux de la Saône, íùr 39989 toises ,en forte que la longueur totale du canal étoit, selon lui, de 115983 toises.
On a reconnu par un puits de 40 pieds de profondeur fait exprès à Pouillyen 1752 , que le terrein à fouiller au point de partage est une espèce de schiste,ou d’ardoiíè qui n’est pas encore formée : ses couches font horizontales Sc plei-nes de sils en tous sens ; cette terre est gelisse Sc fondante à la pluie comme laterre glaise, ainsi il ne seroit pas prudent d’ouvrir ce terrein jusqu’à 81 piedsde profondeur, comme l’avoit proposé M. Abeille , quoique cela fût d’ailleurstrès-utile : il faudroit réduire cette fouille à environ 40 ou 50 pieds ; mais celane pourra être bien décidé qu’après que la fouille aura été faite íùr cette pre-mière profondeur de 40 ou 5 0 pieds, Sc que l’on aura ouvert des puits dans leíùrplus des 81 pieds pour bien connoître le terrein.
Les rigoles à faire pour conduire l’eau des sources au point de partage , doi-vent avoir six pouces Sc plus de pente par 100 toises, suivant M. Abeille;mais il íùffira de leur donner le tiers de cette pente, ce qui facilitera le moyende faire arriver ces rigoles beaucoup plus haut, en cas que l’on se trouve obligéd’élever le point de partage ; on verra dans la fuite que la pente des rigoles ducanal de Briare Sc de celui d’Orléans n’est pas plus considérable.
Il est eíîèntiel que le canal íoit plus profond au point de partage qu’ailleurs,Sc cela au moins de trois pieds, Sc qu’il puiíîè contenir en réserve aíïèz d’eaupour íuffire à la navigation pendant plusieurs jours, afin de donner aux rigoles -qui doivent y amener l’eau avec peu de vitesse, le temps de le remplir. Ainsicomme en élevant le point de partage, le canal entre les deux écluses devien-dra plus court, il conviendra d’y suppléer par des étangs ou des retenues d’eau
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