CANAL DE BOURGOGNE. 233
supérieures Sc peu éloignées, auxquelies on donnera une communication facileavec cette partie de canal.
283. Le point de partage étant bien déterminé, il reste à parler des endroits dH ui peuvent présenter de la difficulté pour rétablissement du canal : les Ingé-nieurs qui, comme M. Thomassin, ont critiqué le projet de M. Abeille, ontcité trois endroits qu’ils regardent comme très-difficiles. Le premier est le pasde Crugey íur la rivière d’Ouche où la vallée se rétrécit, Sc est bordée de ro-chers durs Sc en partie escarpés. M. Abeille comptoit faire passer le canal íùr ladroite au-dessus de cette gorge ; mais le terrein étant rocheux Sc fìlardeux, il yauroit à craindre que les eaux du canal ne viníïènt à s y perdre, comme cela n’ar-*ive que trop ordinairement en pareille circonstance ; il est donc préférable defaire une retenue d’eau dans toute cette gorge, qui peut avoir environ mille àdouze cents toiles de longueur, Sc dont la pente n est pas bien forte, Sc dylaire passer la navigation; c est aussi lavis de M. de Regemortes l’aîné, dans ionrapport fait en 1 ; en conséquence on feroit des écluíès qui íèroient fondéesfur le roc à la fuite du mur de retenue : on établiroit une porte de Garde à lapremière écluse pour soutenir la crue des eaux, Sc l’on formeroit un grand dé-versoir pour l’évacuation de ces eaux.
La seconde difficulté se trouve au droit du moulin Bruard, situé íur la mêmerivière d’Ouche, à un quart de lieue au-dessous de Plombières : l’obstacle con-siste dans le peu d’eípace qui fe trouve entre la rivière Sc les bâtimens du mou-sin jufqu’au pied de la côte ; mais la vallée est large, Sc l’on peut faire passerk canal dans i’emplacement actuel de la rivière, Sc supprimer le moulin , * onPorteroit ensuite la rivière au-delà du canal, ce qui nefouffriroitpas de difficulté.
Le troisième endroit difficile est la plaine au-delà de Dijon jusqu à Saint Jean-de-Lône; le terrein en est, dit-on, très-graveieux, & l’on appréhende que leseaux du canal ne puissent s’y perdre ; c’est pour cela qu on a proposé ** de diri-ger cette partie de canal vers Chovort, près de Verdun-íur-Saône par la valléede la rivière du Muzin, que l’on rejoindroit à Argilly au-dessous de la ville deNuits. On y trouveroit i’avantage de faire déboucher le canal près de la réuniondu Doubs avec la Saône, où il fe trouve plus d’eau pour la navigation que dansla partie supérieure jufqu’à Saint Jean-de-Lône, éloigné de Chovort de 14uûlles par terre, &le canal feroit plus court de neuf milles qu en le faiíànt passerpar S. J.-de-Lône. Mais par l’examen que M. Perronet a fait du local, la commu-nication du canal depuis Dijon jufqu’à la vallée de la rivière de Muzin, dontN distance est d’environ 10 milles, n est pas praticable, à cause des buttes Sc desv ctlées fréquentes qui s’y trouvent.
four éviter le terrein trop graveleux au-delà de Dijon, on doit, suivant le pro-) et j s écarter íur la droite de la rivière d’Ouche, Sc faire passer le canal le longriu ruisseau de la Bietre ; le terrein fera cependant encore graveleux íur 8 milles
* Ce moulin est composé de trois roues, dontdeux pour une Papeterie, & taie P our roulon. etout a coûté, à ce qu’on prétend, 10S0O livres.
* * M. Dumorey, dans son Mémoire qui a remporté le prix del’Académie de Dijon en
M. Thomassin dans son Mémoire imprimé en173 3 - P?§f , sait mention d’un pareil projet decanal dirigé de Dijon vers le port de Chovort, quiavoir été formé avant lui.
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