2 Z 4 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. IX.
jusqu à Aizeray ; mais ce gravier est très-serré, Sc garni de fable fin, & de sédi-ment terreux, qui doivent empêcher la filtration des eaux. Ce gravier est re-couvert en général d’un pied ou dix-huit pouces de terre franche propre à servirdeconroys’il étoit nécessaire , pour retenir seau du canal. D ailleurs l’expériencefait connoître que seau, après avoir filtré pendant quelques années dans unterrein de cette espèce, y dépose un sédiment terreux qui bouche Sc arrête lesfiltrations. Enfin on ne doit pas craindre que ces fortes de pertes puiíïènt beaucoupnuire à la navigation, même dans les premières années, lorsqu elles se trouventverssun des bouts du canal, à cause de la facilité que l’on aura de remplacer laperte d’eau par la rivière , qui devient toujours plus forte en s’éloignant de íàíòurce. Au-delà d’Aizeray le gravier s’enfonce fous la surface du terrein, il de-vient aussi plus terreux & propre à contenir seau.
284. Il conviendra de faire arriver le canal dans le fossé de Saint Jean-de-Lône, 8 c de le faire déboucher dans la Saône au-deíïous de la ville, comme faproposé M. Abeille. Mais à cause de la prairie que son aura à traverser fur envi-ron 300 toises de longueur pour arriver à cette ville, laquelle est couverte dey à 6 pieds d’eau lors des crues de la Saône, il faudra élever les digues au-destusdes crues, des deux côtés du canal, & faire une porte de garde pour soutenirces eaux à la première écluse qui sera construite près de la Saône.
En faisant ainsi arriver le canal à Saint Jean-de-Lône, on aura sinconvénientinévitable du peu d’eau pour la navigation de la Saône , sur 1 y milles de lon-gueur en descendant jusqu’à la jonction du Doubs ; il ne s’y trouve pendantenviron quatre mois de 1 année, qu’environ dix-huit pouces d’eau en certainsendroits, excepté lors des pluies, & sonne peut pour lors charger que 40 ouyo milli ers pesant, 8 c quelquefois moins encore fur des bateaux de sapin nom-més Penelles , lesquelles ont iy pieds de largeur, do pieds de longueur,Sc prennent six pouces d’eau à vide; mais pendant plusieurs mois de l’année, Scquand les eaux font basses, on est dans l’ufage d’interrompre la navigation descanaux pour les réparer, ainsi que les écluses. Cette interruption est même dequatre mois par année avant la Toussaint, fur les canaux de Briare Sc de Loing,Sc dans cette saison la Seine Sc s Yonne qui se trouvent à sautre bout du canalíònt aulîì peu navigables ; ainsi l’interruption de la navigation dans ce temps-là, ne íàuroit beaucoup nuire au commerce des marchandises encombrantesque son est dans susage de faire passer par les canaux, parce que les Marchandss’arrangent pour faire leurs transports lorsque les eaux commencent à croître.Au reste, quand même seau se trouveroit fort basse, cela n’empêcheroit pasque dans le besoin on ne pût entreprendre de naviger à demi-charge ou quartde charge, ce qui íèroit toujours plus avantageux que d’employer des Bouliersà ce transport. Etant ensuite arrivé au canal, on pourroit mettre la charge deplusieurs bateaux dans un seul, au moyen de quoi la navigation ne se trouve-roit pas interrompue.
Le peu de hauteur d’eau dans la Saône ne se trouvant que dans huit ou dixendroits entre Saint Jean-de-Lône Sc la rencontre du Doubs, dont le fond estsableux, on pourroit, fans beaucoup de dépense, avec des basses digues en