CANAUX DE FRANCHE-COMTÉ, LORRAINE, &c. 257
On comptoit plus de 70 mille cordes de bois à exploiter dans cette feulepartie, & les Entrepreneurs en avoient traité avec M. de Linange.
Les Entrepreneurs vouloient pousser ce flottage jusqu au canal de la Brucheprès de Sultz , offrant de garantir le ruisseau de tous débordemens & inonda-tions , 8 c de payer tous les dégâts, dommages & pertes, même le chommagedes moulins fl tués íur le ruisseau, & de faire tous les ouvrages portés par leProcès-verbal de viflte : il y eut diverses oppositions ; ensin les Entrepreneursfe réduisirent à ne pousser leur flottage que jusqu à la Papeterie , située entreRomainviller ou Roumansweiller & Wasselonne; il faiioit nettoyer le ruisseaudepuis Waugenbourg jusqu au canal de Sultz , faire des coupures pour lessinuosités, faire des étangs ou réservoirs, & beaucoup d autres réparations &constructions tout le long du ruisseau. L’Arrêt fut signé à Compiegne le 30Juillet 1748.
315. En Lorraine, il y a un ancien & beau projet de jonction entre la Ancien pro í etSaône & la Moselle; il fut conçu autrefois par les Romains, ( Tacite Ami. Saône’&îaXIII. 53 ) comme nous le dirons dans le dernier Chapitre des canaux anciens. íelle ‘
Ce canal uniroit l'Allemagne A la Hollande avec les Provinces les plus Méridiona-les & les plus Occidentales dela France. La Saône avec le Rhône tiennent aux Pro-vinces de Bourgogne , Lyonnois, Dauphiné, Provence & Languedoc ; la Mo-selle passe dans la Lorraine & l’Electorât de Trêves, & va se réunir avec leRhin vers fElectorat de Cologne, long-temps avant qu’il soit en Hollande ; orla Saône & la Moselle ne sont qu à quelques milles Tune de i’autre du côtédeChâtillon, Vauviilers, Vesoul, Luxeuil, Plombières , Remiremont, Epinal,aux confins dela Bourgogne , de la Franche-Comté, de la Lorraine & del’Alface.
M. le Creulx, habile Ingénieur de la Lorraine, en parloir dans Ion discoursde réception à l'Académie de Nancy le jour de Saint Louis 1776. La nature ,disoit-il,semble avoir indiqué cette communication ; « il existe un étang nommé «le Void de Cône , qui fournit à la fois des eaux pour la Saône & pour la Mo- «selle, & dont les poissons peuvent se rendre à l’Océan ou à la Méditerranée ; «d’un côté il en sort un ruisseau qui forme la rivière de Côné, où l’on com- «mence à faire flotter des bois au-dessous des forges d’Uzemain à 7 à 8 milles de «fa source, & qui se jette dans la Saône au-dessous de Corré, entre Châtillon «
& Vauvillers. «
Le même étang appellé le void de Côné , se décharge à 1 Orient dans un «ruisseau qui est grossi par plusieurs sources, & va y à 6 milles plus loin se «jetter dans la Moselle , à Arche au-dessous de Remiremont. «
La possibilité de cette jonction étant si apparente, & connue depuis long-temps, il n est pas surprenant que plusieurs Princes Lorrains s en soient occupés;cependant on n’a pas connoissance d’aucune opération detailìee par laquelle ils enayent préparé l’entreprise. Mais M. de la Galaiziere, Intendant de Lorraine, afait plusieurs démarches pour y parvenir. On a leve quelques plans par sesordres en 1773, on a fait des profils de la pente de ces ruisseaux depuis 1 étangde Côné jufqu’à Arche fur la Moselle, & jusqu au-dessous de la forge d’Uzemain
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