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CANAUX DE FRANCHE-COMTÉ, LORRAINE, &c. 259
partagent, une partie allant vers la Meuse, Si l’autre vers Morimont; elles ontfait de part & d’autre du grand chemin, deux ravins très-profonds ; ce fontcomme des avances faites par la nature pour préparer le point de partage, quise feroit enécrêtant la montagne entre ces deux ravins,jusqu au-deíîousdu niveaudes étangs de Morimont. Ces deux ravins sont nommés dans le pays, le ravindu Dégoût, & le rapt de Louveau.
On descendroit de-ià, par un canal de quatre milles jusqu à la rivière d’Epeuseprès Arnoncourt ; son barreroit l’Epeuse pour alimenter un canal qui iroit decette rivière jusqu à son embouchure dans la Saône près de Châtillon. De-làon descendroit encore jusqu à Cors ou Corré, où la Côné se joint à la Saône,par un canal qui côtoyeroit cette rivière.
Quoique la Saône ne soit pas regardée comme navigable depuis Cors jusqu’au-près de Cray, le Père de la Grange aíîuroit qu’il étoit aisé de la mettre en étatde servir à une bonne navigation, en faiíànt quelques ouvrages à son lit, & enchangeant la forme des moulins qui y font établis.
319. La réunion de la Marne avec la Meuse Sc la Moíèlle, a été égalementprojettée, comme on le voit dans le testament politique de M. le Maréchal deBelle-Iste ( pages 28 Sc 29) ; mais on ne s’est jamais occupé que légèrement detous ces projets utiles ,dans la Lorraine, la Franche-Comte & la Champagne ;on s’est borné au canal de Bourgogne, qui est dune utilité plus directe pourle centre & la Capitale du Royaume.
320. Les inondations de la Seiile dans le pays Messin, ont occasionné desprojets pour la navigation de cette rivière, en 1692, 1693 Sc 1696; ils ontété renouvellés en 1720 & en 1730.
M. Gaut proposoit en 1758 à M. le Maréchal de Belle-Iste , de faire ouvrirun canal le long de la Seiile, pour faire le dessèchement de partie des marais deMariai &Moyenvic, dans la Généralité de Metz; il y eut à ce sujet des Arrêtsdu Conseil les 8 Août & 11 Novembre 1755 , qui en ordonnèrent la cons-truction.
321. Dans la Champagne , il y a un projet de canal très-important Sc donton s’est beaucoup occupé : la communication de Paris avec le pays de Liege , laFlandre & la Hollande, par l’intérieur des terres feroit en effet très-utile, &facile à établir par un canal qui réunirait l’Aisne avec la Meuse par le moyen dela Bar ; elles na sont éloignées que de trois à quatre milles du côte du Rethel& de Sedan. L’Aisne vient par Soiflons se jetter dans f Oiíe prés deCompiegne,Sc la Bar tombe dans la Meuse, un peu au-destus de Donchery entre Sedan ScMézières; il y a cinq écluses entre Rethel & Pontavert; mais elles n ont que 16pieds de largeur, Sc font insuffisantes pour la navigation.
La petite distance qu il y a entre i’Aiíne Sc la Bar, ne réglerait pas cepen-dant la longueur des travaux ; car la première n’est pas navigable au-desius deChâteau-Porcien ,728 milles plus bas que. Rethel, & la Bar ne 1 est point dutout jusqu à la Meuse ; mais il íuffit qu il y ait des eaux, on rassemblerait celles deVailié , de Vans, de Bar & de 1 étang de Béron, avec art & avec économie,Sc elles suffiraient pour la navigation. Le canal proprement dit iroit de Semuy
Canal de CLpagne.