MARNE, SEINE. 265
depuis long-temps des réparations considérables ; il y eut des Lettres-Patentesà ce sujet dès 16yy. Les Bateliers présentèrent des Mémoires en 1747, pourexposer les malheurs auxquels leur navigation étoit sujette par le défaut de répa-rations siir la rivière , par la liberté indéfinie que les Particuliers se donnoient d’yempiéter comme il leur plaisoit. Par Arrêt du Conseil dupremier Octobre 1747,on ordonna la vérification Sc les devis de ces ouvrages.
M. Dufesc, & M. Rovière, Banquier à Paris , proposèrent de lever tous cesobstacles, Sc d’employer toutes les années cent mille francs à ces réparationspour rendre la Marne parfaitement navigable en tout temps, en remontantdepuis Paris jusqu’à Vitry-le-Francois, Saint-Dizier , même Donjeu; à condi-tion d avoir pendant y o ans le privilège exclusif de toutes les voitures & des transports de marchandises le long de cette rivière. Ils promettoient en même-tempsde rendre navigables les rivières de Saulx & d’Ornain qui se, jettent dans laMarne, depuis Vitry jusqu à Bar , Sc celle du grand Morin depuis Condé jus-qu à Colomiers.
M. Pitrou, Inspecteur des ponts Sc chauffées, ayant été nommé par Arrêt duConseil, pour faire la visite de ces rivières Sc en lever le plan , il reconnut lanécessité de s’en occuper ; Sc il marqua plus de y o endroits où il íaudroit fairedes écluses, ou des travaux considérables. En iyy2 Sc iyyz , il y eut de nou-velles plaintes, des mémoires, des vérifications, un avis du Prévôt des Mar-chands Sc des Echevins de la ville de Paris, fur la nécessité urgente d’y travailler;ils desiroient beaucoup le rétablissement de cette navigation , mais à conditionque tous les ouvrages seroient décidés Sc exécutés fous finípection Sc autoritédu Bureau de la ville ; que l’Entrepreneur íè conformeroit au tarif qui lui íèroitprescrit ; qu’il garantiroit les marchandises ; qu’il donneroit caution pour Inexé-cution de ion privilège. M. Camus, de f Académie des Sciences, coníiilté íùrce projet, fit voir que la somme proposée par M. Rovière n’étoit pas suffisante.Sc qu’il étoit très-dangereux d’aliéner ainsi la navigation de la Marne.
333. Ce projet fut repris en iyyp par une Compagnie très-bien composée,qui ne demandoit le privilège que pour 3 o ans, Sc promettoit d’exécuter danscinq ans tous les travaux qui seroient jugés nécessaires, à peine d’être déchuede íès droits ; cependant l’idée de privilège exclusif étant toujours défavorableaux yeux du Ministère, la proposition ne fut poinr acceptée. En 1763, il fsitdressé un Procès-verbal de la navigation de la Marne, depuis Charenton jusqu’à Saint-Dizier en paííànt parMeaux, la Ferté-sous-Jouarre, Chateau-Thierri,Dormans, Epernay, Châions & Vitry; il se trouva y p goulettes ou vestigesd’anciennes usines Sc moulins ruinés, à faire íàuter, 21 permis a détruire, septmoulins à changer, pour éviter les malheurs de la navigation.
II y eut de nouvelles propositions en 1764 Sc en 1766, les sieurs Bonin Scconsors, expoíoient que la dépense de cette navigation, suivant les devis , seroitde cinq millions, Sc ils demandoient un privilège pour 60 ans ; ils offfoientde deposer cent mille francs tous les ans dans les mains du Receveur de la ville,& d en employer trois ou quatre fois autant aux travaux de la Marne. Il y a lieude croire, que si le Roi faisoit faire lui-même ce travail, il coûteroit beaucoup
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