268 CANAUX DE NAVIGATION, C h a p. XI.
-la Ferté-Milon ou à Mareuil à 4 milles au-dessous, pour i’approvisionnement deParis ; ces mêmes bateaux ne peuvent contenir que trente muids faiíànt 360 íàcsouíèptiers de Paris ; enfin on y charge du charbon de la forêt de Villers-Cote-xêts & des Pavés, qui se tirent des montagnes situées entre Crouy Sc Lizy,
Ces bateaux parvenus dans la Marne à Lizy, font reversés dans des bateauxMarnois ; il faut deux des premiers pour faire la charge de chacun des Marnois,tels qu ils arrivent aux différens ports de Paris.
IuìÍì' paris con ~ 339- Cette rivière d’Ourcq est si utile , que les Marchands rappellent lapetite Rivière par excellence.
Mais elle íèroit devenue bien plus utile si l’on étoit parvenu à réaliser leprojet de la conduire à Paris pour le bien de cette Capitale. II y eut en 1 6j6des Lettres-Patentespour l’ouverture d’un canal de 50 milles, qui devoit venirde la rivière d’Ourcq Sc de la Marne, dix milles au-delà de Meaux , jusqu’àParis ; il fut même commencé dans ce temps-là par M. de Manie, Sc íà veuveprésenta du temps de laRégence en 1717, *un Mémoire à M. le Duc d’Orléanspour íhivre cette entreprise: je rapporterai un extrait de ce Mémoire, damantplus volontiers que ce projet aujourd’hui presque oublié est le plus importantqu’on puisse proposer pour le bien de cette immense Capitale.
Ce canal seroit formé des eaux de la rivière d’Ourcq prises au-dessous de laSeigneurie de Geívres à Lizy-íur-Ourcq, entre Meaux Sc la Ferté-Milon;on y joindroit les autres eaux qui se trouvent íur son cours, comme celles duruisseau de Congis ou Guay de Tresme, & du ruisseau de Claye, qui íèjettent à présent dans la Marne. Le retranchement que ce canal seroit à larivière, ne nuiroit point à la navigation de la Marne ; en effet les eaux de larivière d’Ourcq Sc celles de ces deux ruisseaux, ayant été jaugées par troisIngénieurs du Roi en présence d’un Député de la Ville, Sc d’un Substitut deM. le Procureur Général, par ordre du Parlement, il fut vérifié que ces eauxne formoient qu’une épaistèur de dix à douze lignes quand elles étoient répan-dues íur la surface de la Marne, ce qui ne pouvoit nuire à la navigation decette rivière.
/ Les eaux de la rivière d’Ourcq Sc de ces deux ruisseaux que les Expertsjaugèrent dans les plus basses eaux, forment une tranche d’eau de 16 pieds car-rés, sçavoir, douze pieds & demi pour la rivière d’Ourcq , deux pieds pour leruisseau de Congis, 8c un pied & demi pour celui de Claye. Or comme cecanal fera de niveau, ou à-peu-près, jusqu’à la pointe de Belle-vilie près deParis, où il y aura une retenue, ces 16 pieds carrés d’eaux íupérieures 8í tou-jours coulantes, íeront plus que suffiíàns pour que le canal ait en tout tempsSc par tout, ce qui est nécessaire à un canal, c’est-à-dire, 6 pieds d’épaisseuríur une largeur de 24 pieds au fond & 48 à la íurface.
340. Ce canal auroit son embouchure dans la Marne au-dessous de Lizy, demême que l’a aujourd’hui la rivière d’Ourcq, Sc les bateaux venant de Paris oude la Ferté-Milon, de Gesvres ÔC de Lizy, entreroient par le canal dans là
* Ce Mémoire que M. Deparcieux tenoit de j par M. Deparcieuxpetit neveu de ce respectableM. le Marquis de Marigny, m’a été communiqué I Académicien, & qui marche déja sur ses traces.
Marne,