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avec dix machines hydrauliques ; il en avoir fait faire un modèle qui fut reconnubon par des Experts nommés par Arrêt du Conseil. Ce projet fut approuvépar M. Gabriel, Contrôleur général des Bâtimens du Roi, M. de Regemorte ,Ingénieur ordinaire du Roi, le P. Sébastien, de fAcadémie des Sciences, M.de Côte, premier Architecte du Roi, & M. Beaustre Architecte de la Ville.On y trouve en effet une partie des avantages que nous venons d’exposerdans le canal d’Ourcq ; mais l’ufage des machines est toujours précaire,& pour de semblables entreprises, il faut des sources naturelles & durables,& non des machines d’un entretien continuel.
347. Après avoir parié de la Marne & de ses affluans, passons à ce quiconcerne la Seine , tant au-destus qu au-deíîous de Paris , & les rivières quis’y jettent.
La navigation de la Seine dans fa partie supérieure feroit si importante pourParis A les Provinces circonvoisines, que l’on s’en est occupé de tous les temps.II est parlé dans un manuscrit de la Bibliothèque du Roi « de lettres de Phi-lippe le Bel à Guillaume de Nogaret & Simon de Marchez , Chevaliers , & teà Guillaume de Muissey , Panetier, par lesquelles il leur mande qu’ils ayent à «informer si la rivière de Seine qui n’est navigable que jusqu a Nog'ent, pour- «roit être rendue navigable jusques à Troye & même plus outre devers la «Bourgogne ; comme aussi si le même pourroit être fait jusques à Provins, «& que fur ce ils ayent à en ordonner comme ils le jugeront être utile au pu- «blic ; qu’en faisant ôter les moulins empêchant ladite navigation, ils ayent «à indemniser les Propriétaires , en faisant le tout faire aux dépens des villes & telieux du pays, & des personnes, lesquelles en tireront évidemment prosit ttdesdits ouvrages n. A Gand, fan 1301. MJs. de la Bibliothèque du Roi. Bethunevol. 9418. pag. 88. v°.
Je ne vois pas que ces ordres ayent été exécutés ; cependant on allure quela Seine étoit navigable jusqu’à Poliíy 2^ milles au-deíïùs de Troyes, & cinqmilles au-destus de Bar-fur-Seine ; elle l’étoit même jusqu’à Troyes dans lemilieu du dernier siècle; mais les sables que les ruisseaux y transportent & qu’onn’a point enlevés l’ont comblée en partie ; elle fort de son lit & cause desinondations ; il semble qu’on ait oublié depuis quelques siècles, que les che-mins par eau ont besoin de réparations & d’entretien, auísi-bien que les grandesroutes de terre.
On avoit projetté dès l’année 1Ô55 de rendre navigables & stotables , laSeine, la Marne & T Aube, dans les lieux où elles ne l’étoient point alors, &Ton accorda des Lettres-Patentes en 1655 , à Hector de Boutheroue, sieurde Bourgneuf qui venoit de finir le canal de Briáre : il demanda en 1676 lerenouvellement de ces Lettres-Patentes ; fa Requête fut communiquée au Pré-vôt des marchands ; il pensa qu’il y avoit lieu d’accorder au sieur de Bouthe-roue fa demande; que cette entreprise ne pouvoit quetre tres-avantageuse àla ville de Paris, où les marchandises arriveroient en plus grande abondance;en conséquence Sa Majesté lui accorda, par ses Lettres-Patentes de 1676 , lafaculté de rendre navigable les rivières de Seine, Marne & Aube, & autres
Navigation de USeine.