*96 CANAUX DE NAVIGATION , Chap. XI.
avoit un mât de 90 pieds, brisé pour le paíîàge des ponts; ii employoit quatrejours pour remonter jusqu à Poissy qui n est qu a 12 milles de Paris, Sc troisjours pour venir delà jusqu à Paris, en se servant de ses voiles, Sc quelquefoisde quatre chevaux.
projet de faire re- AI. Passement , Ingénieur pour les instrumens de Physique Sc de Mathé-
vers Paris, matique , connu par diverles inventions de ce genre, preíenta en 1760 Sc1765, un projet pour faire remonter les vaisseaux jufquà Poissy, où Ionétabliroit un port marchand; les navires auroient remonté en quatre joursde Rouen à Poiíïy^ où ils seroient restés, pour éviter six autres ponts qu ily a depuis Poissy jufquà Paris.
Il se joignit à M. Bellart, Avocat au Conseil pour former une Compagnie ;îls se proposoient de faire creuser des canaux autour des ponts de 1 arche, deVernon, de Mantes Sc de Meulan; Sc pour s’indemniser de cette dépense,ils ne demandoient d autres droits que ceux qui se payent déja pour les grandsbateaux, qui au paíîàge de ces ponts, font obligés de prendre des hommesSc de louer des chevaux de renfort. A 1 égard des navires, ils auroient payéUn droit proportionné à leur charge.
Passement siipposeit que les navires, dans les hauteurs moyennes de laSeine, pourroient remonter cette rivière à la voile, comme cela se fait assez avantdans la Loire, la Garonne & le Rhône. Il y auroit une bien grande difficulté,on fa cru même impossible, à cause des sinuosités considérables de la Seineentre Rouen Sc Paris ; mais disoit Passement, il y en a beaucoup aussi , mêmeentre le Havre Sc Rouen , cela n empêche pas qu’on ne remonte à la voileen suivant tous les contours des bancs de fable dont la rivière est remplie ;la Seine au-dessus de Rouen est moins large, Sc par conséquent moins sujetteà manquer d eau.
387. Par le premier Mémoire de 176y, on proposoit de recreuser dans íe~ milieu de la Seine, un canal de douze toises de largeur Sc six pieds de pro-fondeur, sor 150 milles quelle a de longueur depuis Rouen jusqu’à Paris:on faisoit monter la dépense sor le pied de trois livres la toise cube, à 4320000livres , & le total du projet à 60^7400 livres.
Dans un Mémoire de 1767, les Auteurs de ce projet proposoient de re-creuser seulement les parties qui en auroient le plus besoin, ce qui n’iroit pres-que jamais à six pieds, en conservant à la rivière 50 toises de largeur moyenneavec dix pieds de profondeur dans les basses eaux; ils ne íaisoient plus mon-ter la dépense de ce recreusement qu a deux millions, Sc le total du projetà 2680000 livres. On remarquoit cependant que cette dépense étant évaluéesor le pied de l’estimation, portée au premier Mémoire, pourroit bien mon-ter à douze millions ; que la premiere estimation faite sor le pied de troislivres la toise cube, pour draguer le terrein jusqu à environ douze pieds deprofondeur sous seau, étoit trois ou quatre fois trop foible : il en coûtedix livres à Paris, pour tirer de dessous leau à une profondeur moitié moin-dre, le fable qui est destiné au pavé de cette ville : les autres matières qu’onrencontreroit sous le fable, seroient peut-être beaucoup plus difficiles à enlever,
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