PICARDIE, FLANDRE. 303
on n a, estimé que 14 cents mille livres toute la dépense de ce canal ; il join-droit le canal qu’on a sait depuis quelques années entre Charieroy Sc Bruxelles,d’où l’on va jusqu’en Hollande, comme nous le dirons e n parlant des canauxétrangers.
L’ancienne rivière de Sambre prend íà source à la fontaine de Malarme dansla lizière de la Haye de Queverleche, à un quart de lieue du village de Fon-tenelle en Picardie, & à une demi-lieue de Mal-en-Perche ; depuis là jusqu auvillage de Nouvion, qui n’est qu à peu de distance de íà íource, elle fait tour-ner plusieurs moulins. En 1684 - on détourna cette rivière près le moulin deBoez ou Boé, par une simple digue qui lui donna son cours par Etreux ouEtroeux, pour joindre la rivière d’Oise , afin de faire flotter vers Paris, les boisde la forêt de Nouvion dependans de la terre de Guise; eníuite les bois étantdevenus moins abondans Sc le volume d’eau étant peu considérable , on aban-donna cette communication au commencement du siècle. Mais seau de la Sam-bre coule toujours dans l’Oise, ce qui fait qu’on manque d’eau entre Lan-drecy Sc Maubeuge, parce qu’il n’y en tombe que d’un petit ruiííèau qui prendsa source près d’un hameau dit Beau-Camp , un peu au-dessus du village deBarzy, & de quelques autres qui fournissent encore moins.
On a proposé anciennement de faire faire un canal depuis la fausse Sam-bre qui passe au pont de Femy, à Carillon , à Ors, Sc à Landrecy, en y faisantretomber la premiere source ou l’ancienne Sambre. Un Irlandois nommé Shée,préposé au magazin d’Artillerie de Landrecy ressuscita ce projet en 1745), &les Magistrats de la Ville l’appuyèrent en 1766. Shée avoir vu par lui-mêmela difficulté des transports d’Artiilerie, des bois Sc des approvisionnemens denos armées par des corvées immenses Sc ruineuses pour les Provinces, il assu-roit qu’il en avoir coûté pendant la guerre de 174^ > plus que les frais de cons-truction d’un canal, par la dépense ou les pertes de ces traníports par terre.
MM. deÌMegrigny Sc de Mas, & ensuite M. de laGuerre-Charbise, Ingénieuren chef à Landrecy , donnèrent vers 1698 un projet suivant lequel ils n’onttrouvé dans toute l’étendue de plus de trente milles entre Landrecy Sc la Fèreque 150 pieds de pente; il faudroit en tout siir le canal Sc fur l’Oiíe 33 sasd’écluses. En 1712 , les Munitionnaires de l’armée avoient fait faire desécluses entre Landrecy Sc Maubeuge, pour faciliter la navigation de la Sambre ;mais elles étoient trop peu solides Sc en trop petit nombre, eníòrte que lesbarques chargées de plus de 20 milliers ne peuvent souvent y passer.
Cependant on pourroit continuer la navigation de la Sambre meme au-des-sus de Landrecy jusqu’à l’Abbaye de Femy, d’où par un canal on la réuniroitavec l’Oise au-dessous de Guise ; mais comme la Sambre fournit peu d’eau enété , il faudroit faire un bassin dans le marais d’Oify, à huit milles de Landrecy ,vers la moitié du chemin de Guise à Landrecy, pour fournir au canal des deuxcotes, un autre à Landrecy, pour aíîurer la navigation jusqu a Maubeuge, Scde-la a Charleroy, Sc ensin un à la Meule. Ce baffin íerviroit pour les fortifica-tions de la Ville, pour les barques de transport nécessaires pour les armées Sc1 es convois en temps de guerre, Sc pour y entretenir le seul moulin à eau