PICARDIE, F L À N'. D R E. 303
402. La Picardie est: une des Provinces les plus intéressantes par les diseférentes branches de navigation dont elle est susceptible; elle est pour nous laclef du Commerce des Pays-Bas , de la Hollande, & de tout le Nord ; aussi fat-tention du Gouvernement s’efseelle tournée principalement vers cette Province.
Il y a trois canaux en Picardie, dont un est terminé , Sc les deux autres com-mencés : celui de l’Oise à la Somme , qu on appelle auffi canal de la Fère, oucanal Crozat est le premier dont nous ayons à parler, il fut achevé èn 1738.
Ce fut M. de Marcy, doyen des Conseillers du Bailliage de Saint-Quentin,qui propose en 1721 au Conseil, d’établir un canal de communication entrela Somme qui va tomber dans l’Océan vers Saint Vallery, Sc l’Oise qui vientdu côté de Paris, lesquelles vers Saint-Quentin ne font éloignées que de dixmilles. M. Demus, Brigadier des Armées du Roi , Ingénieur en chef dela Picardie Sc du Soiíïonnois, fut chargé d’en faire les plans Sc les devis ; l’avisde M. Chauveiin, Intendant de Picardie* Sc de M. Turgot, Intendant du Soiffonnois , fut entièrement pour cette entreprise , de même que celui du Bureaudu Commerce. Il étoit très-important de pouvoir amener à Paris les bledsde la Picardie, de i’Artois, du Cambraifis ; les toiles, les étoffes, les fayances ,les huiles de Flandre Sc de Picardie; les fers, lès bois , les charbons, les marbres,les écorces du Hainault Sc de la Thierache ; Sc par Saint Vallery les marchandises deHollande Sc d’Angleterre, épiceries, poissons salés, beurres, luiss, cendres duNcrd, étain, plomb, fer, cuivre, bois de teinture, &e. Ce canal ouvroit àtoutes les Provinces Méridionales, un débouché vers le Nord, pour les vins,les huiles, le ris, les fruits, Sc les marchandises du Levant;
Par l’Edit donné à Fontainebleau au mois de Septembre 1724, registré enParlement le 7 Septembre 172 3, 8 c qui fut imprimé, le Roi permit à M. Casegnart de Marcy Sc à ses Associés, de faire construire à leurs frais ce canalde communication de la rivière de Somme à celle d’Oise, à commencer depuisl’étang de la ville de Saint-Quentin, passant par Harly , Homblières, Marcy,Regny Sc Siíîy-íur-Oise jusqu à la Fère ; Sc d’éiargir, curer Sc approfondir lebras de la rivière d’Oise, depuis Siíïy jufqu’à Chaulny; comme auffi de rendrela Somme navigable depuis Saint-Quentin jufqu’à Amiens, Sc depuis Amiensjufqu’à Pequigny, enfaisent dessécher les marais dans lesquels cette rivière serépand, Sc lui faisant un lit de 45 pieds avec des bords , des levées & des écluses,dans les endroits où ils seront jugés nécessaires. Suivant le devis, 1 opération dela rivière d’Oise montoit à 1200000 livres, le Canal de jonction a 2281800,Sc les travaux de la Somme à 2Ì000O0 : le total étoit 3681800 livres.
M. de Marcy chercha long-temps à former des Compagnies, Sc ce ne futqu’en 1727 qu’il parvint à en former , Sc à commencer les travaux. Les Di-recteurs du canal, approuvés par i’Arrêt du Conseil du 27 Decembre 1727 ,croient M. Crozat, Commandeur des ordres du Roi, lun des riches particu-liers du Royaume, M. le Normant, Tréserier général des Monnoies de France,M. de Bouraíïe, Général des vivres de la Marine, M. Bory, Grand-Maître desEaux Sc Forêts d’Orléans, Sc huit autres. Les Ingénieurs étoient M. de Rége-mortes, Directeur général du canal de Loing, & M. de Préfontaine : le Ros
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Canal à Picardieentre l’Oile & laSomme, ou canalde la Fère.
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