PICARDIE, FLANDRE. 3 n
au-dessus de Saint-Quentin, a cessé de l’être même au-dessous ; l’on a été obligéd’y substituer le canal dont nous venons de parler ; mais au-dessous même d’A-miens la navigation est devenue difficile, le prix des voitures par eau y a dou-blé , encore les Bateliers font-ils la loi au commerce. Les sables, les atterriffè-mens, les bas-fonds en sont la causo. Çes atterrissemens font autant de barresSc d’endroits guéables dans la rivière, & ce n’est qu’en multipliant le nom-bre des halleurs que les gribannes Sc les bateaux peuvent les franchir. Les dif-ficultés ayant augmenté les dépenses de la navigation, les Matelots ont demandédes augmentations de salaires ; ils ont porté findiscipline jusqu’à se payer eux-mêmes du supplément qu’ils prétendent leur être dû, en prenant de seau-dé-vié, de la laine, du coton, des épiceries qu’on leur donne à voiturer; leGouvernement a été obligé de sévir. (561)
408. L’embouchure de la Somme est elle-même très-obstruée : cependantelle importe beaucoup au Commerce de la France. M. le Maréchal de Vau-ban avoir jugé la rade qui est vers cette embouchure, très-bonne Sc suscep-tible d’un grand port, Lion n’y trouve que celui de Saint-Valéry, qui est in-suffisant pour le Commerce. On peut voir dans les canaux navigables de M.
Linguet, pages 114-271, tous les désavantages de ce port, qui peut même de-venir tout-à-fait inutile dans peu d années; les vaisseaux chargés y souffrentdéja considérablement. Les encombremens ont jette les eaux de la Somme versla rive opposée, où étoit autrefois le port de Crotoy, les réparations négli-gées autrefois fur les rivières de la Somme, du May & de sHautie ont occasionnéle comblement de cet ancien port ; on allure qu il seroit facile à rétablir, &que le fond y est meilleur qu a Saint-Valéry ; il faudroit pour cela faire uneécluso à Noyelle, L quelques autres ouvrages.
40p. M. Gatte, Négociant à Abbeville, proposa en 1740 , detre autorisé à p roíetdep0 rtàrétablir la navigation de la Somme, depuis Abbeville jusqu a Saint-Valéry, Ausst '
Sc à faire un nouveau port à trois milles au Nord-Est du bourg d’Augst , d’Aultou d’Au, ôc cinq milles Sc demi au Couchant de Saint-Valery. Il pouvoit de-venir même un port de Roi, capable de contenir des vaisseaux de 120 canons ,
Sc qui seroit important, par sa situation 5 , à sopposite de i’Angleterre. M.
Gatte demandoit à percevoir pour cette entreprise un sol pour livre du pro-duit du fret des navires qui entrent dans Saint-Valery, vingt sols par cha-*que barque venant de la pêche , & depuis cinq jusqu’à vingt sols du cent po-sant des marchandises. Par Arrêt du Conseil du 20 Mai 174° ? on établit unoctroi sur le produit du fret des navires, il fut employé à nettoyer le Portmarchand, tant à Saint- Valéry qu à Abbeville ; mais ces dépenses n’eurent pasle succès qu’on en eípéroit. Pour éviter les bancs de sembouchure de la Som-me, Sc les variations de la rivière qui rendent l’arrivee tres-dangereuso , M.
Gatte offrit de faire un canal pour joindre le port d Àugst avec la vallée deNeuville , qui est à deux milles au Midi de Saint-Valery. On volt dans ungrand plan des environs de Saint-Valery, qui fut leve par M. de la Croix,toutes les variations, les atterrissemens, les marais, les écueils, qui font le dangerde cette côte Sc de la rivière, Sc qui sont desirer même un canal de Saint-