zi2 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XII.
Valery à Abbeville : ce canal auroit sept milles de longueur , Sc douze milles-depuis Abbeville jusqu au nouveau port d’Augst.
La pêche du havre d’Augst étoit autrefois très-considérable ; elle est^encombrée actuellement ; mais la position dont il s’agit est telle, que les vais-seaux y entreroiènt en tout temps Sc de basse mer, Sc auroient toujours vingtpieds d’eau. Le port pourroit avoir trois milles de tour. La rade a vingt millesde longueur du Nord au Sud, Sc sept à huit de l’Est à l’Ouest , avec le meil-leur mouillage ; les ancres y font inébranlables, Sc l'on ne trouve point d e-cueils dans les environs.
Aussi les Négocians de la ville d’Amiens destroient l’exécution de ce pro-jet , au point qu’ils consentoient à payer 18 livres par lest ( pesant 3600) ,ou 10 sols par quintal en íùs de l’octroi de 1740 , suivant une conventionfaite avec M.Forceville Sc Compagnie, qui devoir ouvrir le canal; mais lesreprésentations des habitans d’Abbeville arrêtèrent le projet de cette Com-pagnie. Le plus pressé étoit le curement du port d’Abbeville, ou d’un canalmarchand qu on y avoir creusé en 1634, où il paíse 420 gribannes par annéepour aller de Saint-Valery à Amiens, portant chacune douze lests de 3600pèsent. Il y eut donc un Arrêt du Conseil le 12 Mars 1742, qui permit àun Charpentier d’Abbeville, de faire le curement du canal marchand, en sefaisant payer fur le produit de l'octroi; cette opération fut faite; mais avecpeu de foin , Sc devint inutile.
410. On continua bientôt de revenir fur les anciennes propositions : M.Gatte ne cessoit de parler de son projet, de canal & de port. Les Epiciers deParis présentoient Requête fur Requête ; la sécheresse de la Seine en été, lesglaces en hiver, les mettent quelquefois dans impossibilité de tirer leurs mar-chandises de Rouen, Sc la Somme qui est navigable en tout temps, est poureux dune ressource infinie ; les Marchands de Troyes Sc même de Dijon,y joignoient leurs plaintes fur le retardement des transports. Dans intervalle,les nommés Forceville & Pillart avoient demandé en 1746, l’entreprise desvoitures par eau de Saint-Valéry à Amiens, offrant de remédier aux abusqu’on reprochoit aux Gribanniers : ce projet de finance ne fut pas agréé ; maisil en occasionna un autre qui paroissoit plus utile au Commerce.
M. Chaudon de Grassy , propose en 1747, de creuser Sc d'élargir à ses fraisun petit bras de la Somme, qui passe dans la prairie du fauxbourg de Rouvroi,à quelque distance d’Abbeville, d’y faire un marchepied ou chemin de hallagepour le tirage, Sc d’y procurer aísez d’eau pour qu’on ne fût pas obligé d’al-léger les gribannes à Abbeville, ce qui occasionne beaucoup de retards Sc deprévarications ; on évitoit aussi par-là le danger des ponts de la Ville.
M. deGraíîy demandoit de percevoir pendant trente ans, deux livres par mil-lier de Saint-Valery à Amiens, fur toutes les gribannes, Sc trois livres pour lesGribanniers, ce qu’ilprétendoit être suffisent pour ce transport; il obtint mêmeun Arrêt du Conseil; mais les Négocians d’Amiens s’y opposèrent, ils sou-tinrent que ce projet saiíoit une surcharge de cent mille francs par an fur leCommerce; que le canal marchand, ou ce bras de la Somme qui se sépare du