«»
PICARDIE, FLANDRE. 313
grand lit au deíïus d’Abbeville, & qui s’y réunit vers ie milieu de la ville,netoit comblé que parles immondices & les décombres des bâtimens, & qu’aucommencement du siècle, il y paíToit des charges de 6o ou 70 tonneaux;enfin que le canal projetté íèroit trop loin de la ville. Ils soutenoient enmême-temps , que le curement du canal devoir être à la charge des habitansd’Abbeville. Ils obíèrvoient qu’il restoit encore siir la Somme de mauvais paf-sages au port de Remy , à Long & à Pecquigny, & M. de Grassy ne remé-dioit qu à celui d’Abbeviiie; enfin on objectoit que son projet revenoit à ce-lui qui avoir été rejetté par Arrêt du Conseil le 8 Juillet 1670, en même-tempsqu’on avoir ordonné les réparations de l’ancien canal marchand , qui ne coûtè-rent alors que 15500 livres. Les Mémoires des Négocians d Amiens, furentimprimés en 173.7. Ils firent, le six Juin 1747, entre les mains de M. fln-tendant, leur íòumiíïïon d’exécuter, à leurs dépens, les ouvrages qui feroientjugés néceíîaires pour rendre la rivière plus navigable ; mais fexécution. n eutpas lieu, & les atterriíTemens font devenus de plus en plus considérables. Quoi-que le projet de M. de Graíîy eût été approuvé , il vit en 1750 qu’il ne par-viendroit pas à le faire exécuter ; alors il proposa de rendre navigable le grandbras de la Somme , de faire enlever tous les bancs de fables de la rivière ,& de faire monter en tout temps les bateaux de Saint-Valery à Amiens en 4jours, au lieu de trois semaines qu’ils y employeur souvent, & cela aux mêmesconditions.
411. Cependant la navigation se trouvoit sur le point d’être totalementinterrompue par le mauvais état du canal marchand d’Abbevilie, lorfqu’en1750 on adjugea les ouvrages du curement de ce canal ou port marchand pour46 mille livres ; la totalité des ouvrages qui furent faits jufqu’au mois deMai 1754, fe monta à 98 mille livres , y compris les indemnités & autres dé-penses ; & pour y satisfaire , 011 établit un droit d’un fol pour livre fur le fretdes marchandises par Arrêt du Conseil du deux Juin 1750. M. Gatte repritalors son projet de port & de canal d’Augst, il fit même en 1756 un traitéavec M. Humblot pour cette entreprise ; mais elle n’a point eu de fuite.
Il y eut ensuite, le 17 Juillet 1761, Arrêt du Conseil, qui confirma desadjudications faites pour le curement de la Somme, depuis le port de la grèvede la ville d’Amiens, inclusivement, jusqu’au-deíîous du village de Saint-Mau-rice qui en est voisin , pour la construction de deux digues en charpente dansle même port, pour la reconstruction d’un quai de charpente le long du portde la Ferté-Saìnt-Valery , fur 106 toises de longueur; on y affecta le pro-duit du fol pour.livre du fret des marchandises, établi à Saint-Valery en 1750,pour le payement des ouvrages faits au port marchand de la Somme à Abbe-ville : ce droit avoit été perçu depuis le 30 Juillet 1750 , jusqu au 20 Dé-cembre , 8 c il en restoit 25 mille francs qu’on affecta à ces différentes répa-rations.
412. En 1749 parut l’ouvrage des Canaux navigables de M. Linguet, oùil proposa auffi de faire au lieu de la Somme, un canal depuis Amiens jufqu’aubourg d’Augst, en passant à un quart de lieue d’Abbeville vers la gauche par
V A
XV 4
<