Commerce & ad-ministration de cecanal.
358 'CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XIII.
y°, On a exhauíïe les eaux de l’étang de la vallée, le plus grand de tousceux qui fournissent à la navigation. Ses eaux, dans le principe, ne servoiencqu a alimenter les bas biez du côté de la Loire ; il fut fait un premier rehausfement de la chaussée , qui donnoit quatre pieds d’eau supérieure dans le biezde distribution ; mais le dernier rehaustèment en donne quatorze, il fait mon-ter leau à plus de 24 pieds au-dessus de la bonde de fond , 8 c donne les 14pieds d’eau supérieure dans le biez de distribution par une rigole partie enterre, partie en maçonnerie : M. de Régemortes vient de faire renouvellercette dernière partie.
6°, L’ouvrage le plus beau, 8 c l’un des plus utiles que M. de Régemortes aitfait faire au canal d’Orléans, est le déblai des terres de la montagne de Sury-aux-Bois, dans le biez de distribution au milieu de la forêt d’Orléans, entreCombreux 8 c Sury-aux-Bois, où l’on avoit peine à faire passer deux bateaux defront. Comme cette portion de la distribution étoit excavée dans une hauteur de40 à y o pieds, on avoit voulu, dans le principe, éviter les trop grands dé-blais , & le bas de cette excavation n’avoit que la largeur nécessaire pour lepastàge d’un bateau; dans quelques parties les terres glaiseuses des côtés, mêléesde fable, avoient formé des éboulemens; les Mariniers étoient obligés de tirerleurs bateaux entre les terres des deux bords par des manœuvres, qui enralentissant leur marche, les expoíoient encore à être déchirés; actuellementdeux bateaux y passent fort à l’aife : cette partie de la distribution a été élar-gie íur une longueur de 1 y 00 toiles ; on y a formé des banquettes à diffé-rentes hauteurs ; celle qui sert de chemin de hallage est revêtue de perrédans son talus intérieur , du côté du canal, 8 c soutenue dune file de pieuxprofondément enfoncés. Le deíïùs de cette banquette est disposé en pente 8 ccontre-pente, de manière que de cent toises en cent toises , les eaux depluie, &iegout des terrasses íiipérieures, se rassemblent dans des cassis, qui lesversent dans le canal. Les anciens remblais ont été reculés pour déchargerd’autant les bords du canal, 8 c les nouveaux remblais au-delà des banquettessupérieures, ont été conduits en pente douce, pour mener les eaux de pluiedans un contre-fossé pratiqué au loin, 8 c qui par les extrémités, rend ceseaux à la distribution.
7 0 , On fait actuellement for les projets de M. de Régemortes, un autreouvrage semblable au précédent , à la rigole de Courpalet dans la partiequi traverse la montagne de la Gibonnière : cette montagne ayant été fouilléeà 2,0 & 2y pieds de profondeur, for une longueur de 6oo toises , on y avoitpratiqué anciennement une espèce de coffre très-étroit en charpente, dont l’en-tretien étoit très-coûteux, 8 c on avoit toujours à craindre de voir les deuxcôtés de cette rigole se joindre, à cause des glaises mêlées de fable, dont lefond du terrein est composé, & que les sources faifoient ébouler : on auroitperdu le secours essentiel des eaux de Courpalet, 8 c de l’étang du Gué-l’E-veque, dont on vient de parler; les nouveaux ouvrages y remédieront.
Le canal d’Orléans étant de 36 milles au-deífous du canal de Briare , reçoit,pour Paris, les bois de charpente des environs de la Loire au-deífous de
¥