CANAUX DE B R I A R E, &c. 373
de Briare remplissoit les principaux objets d’utilité que l’on pouvoit se promettredu canal de Cône : les marchandises Sc denrées qui descendent la Loire, 8 c quisont tirées du Nivernois, du Bourbonnois, de l’Auvergne, du Forez, &c.viennent au canal de Briare, qui les conduit jusqu’au canal de Loing à Mon-targis ; Sc par le canal de Loing, elles viennent dans la Seine 8 c à Paris.
Les marchandises qui remontent la Loire, 8 c qui font tirées de la Bretagne,du Poitou , de l’Anjou, &c. viennent au canal d’Orléans qui les conduit dansle canal de Loing, à Cepoy ; 8 c par le canal de Loing elles viennent auffidans la Seine 8 c à Paris.
On ajoutoit que ce seroit prendre la navigation beaucoup trop haut : Navi(radoa dedepuis Surgis jusqu’à Oíèr , la rivière d’Yonne íèrpente sur environ 3 6 milles : 1>Yonne *on n’a souvent qu un pied d’eau ; les bords font escarpés; on y fait quelquenavigation en descendant; mais c’est avec de très-grandes difficultés, parcequ’il y a treize permis qui ont trois ou quatre pieds de chute, & qui fontautant d’écueils ; ce íont les permis de Coulange , Crain , Luíïì, Magni, Ma-lichateau, le Bauchet, Magni-la-viile , les Dames , Trufll ,, Mosnois , Vin-cennes, Bailly 8 c Rivotes ; Sc jamais on ne peut remonter d’Auxerre à Surgis.
Si l’on vouloir faire des ouvrages , pour donner à la rivière une plus grandetenue d’çau, & pour rendre la navigation moins périlleuse, ils seroient bien-tôt renversés par les crues, qui arrivent de temps en temps, 8 c qui augmen-tent i’eau de trois ou quatre pieds.
Pour rendre cette navigation bonne 8 c assurée, il faudroit faire un canalindépendant du lit de l’Yonne, 8 c qui fût entretenu par seau de cette rivière,c’est-à-dirô , faire un canal comme celui de Loing ; cette entreprise est impos-sible à cause des dépenses prodigieuses quelle exigeroit ; elles excéderoient debeaucoup celles du canal de Loing, parce que la rivière serpentant perpé-tuellement, 8 c passant du pied d un coteau au pied d’un autre coteau, lecanal rencontreroit à tout moment le lit de la rivière. Tous ces faits furentétablis par les certificats des Marchands de bois íùr la rivière d’Yonne; maisindépendamment de cette difficulté, qui est insurmontable, il y a encore celle de lanavigation de la rivière d’Yonne depuis Auxerre jusqu’à Montereau, où cette ri-vière se jette dans la Seine : de toutes les rivières qui s’y jettent, il n’y en a pasune qui soit plus difficile , & où il y ait plus de risque, non-seulement par lespierres, 8 c les pieux qui font dans la plus grande partie de son cours ; maisencore , par íà pente , qui est cauíè que la plus grande partie de Tannéeil n’y a pas iy ou 18 pouces d’eau; les bateaux qui partent d’Auxerre neportent pas le tiers de leur charge ; 8 c quand ils íont à Montereau , on metdans un seul bateau ce qui étoit dans trois, parce qu’en entrant dans la Seine,ils trouvent une plus grande profondeur.
Pour restraindre à leur juste valeur les avantages énormes du canal de Cône provision Je boisexagérés par M. Amelot, on publia dans le troisième Mémoire de M. le Duc p0W ^d’Orléans, un relevé de tous les bois venus à Paris depuis 1731 jusqu’en 1740:on trouva année commune 369902 voies de bois flotté, 8 c 114822 de bois neuflen tout 384724 voies ou 192362 cordes ( il y eut 20 mille cordes déplus
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