NORMANDIE, POITOU, à. 377
d'Angers au travers du Maine & de l’Anjou ; elle commence à Être navigable àMalicorne, vingt milles au-dessous du Mans en ligne droite; mais elle pourroitl’être jusqu à l’Huine ÔC au Mans ; on y voit encore plusieurs portes marinièresqui indiquent une ancienne navigation que le défaut d’entretien a fait interrom-pre , & que la ville du Mans redemande depuis deux siècles.
On ne permit la construction d un pont de bois au-dessus des bouches deDiurne, qu a condition de pratiquer une porte ouvrante pour le passage desbateaux.
q j 1 d. Le Loir, la Sarte & la Mayenne qui étoient navigables, par le moyendes portes marinières ou écluses qui conservoient les eaux en remontant, ayanteu besoin, ainsi que l’Oudon, de diverses réparations, on en donna i’adjudicationen 1724; on y travailla effectivement; le devis pour le Loir montoit à 70 millelivres, & pour la Sarte, à yo mille.
Ces portes marinières avoient 12 pieds de large, elles ont été mises à 14;on a augmenté les bateaux & élevé les chaussées , ce qui endommage les héri-tages voisins, & rend la navigation plus difficile. Il faut un terme à tout, &l’intérêt des Marchands doit être subordonné aux loix physiques de la nature.
La navigation de la Sarte a eu lieu long-temps ; mais elle fut négligée : uneCompagnie se présenta en 1741 pour travailler à la rétablir : en 1744 M. deLucé, Intendant de Tours, en fit faire les plans : en 1751 l'on s’en occupa denouveau : enfin en 1732 la nécessité de faire remonter des bleds pouf le Mans,'donna du courage aux habitans de cette Ville : on y fit une dépense considé-rable, & on parvint à y faire remonter les bateaux de bleds depuis Malicornequi est plus bas , & où la Sarte étoit déja navigable; on profita, il est vrai, desgrandes eaux; mais cela fait sentir & la possibilité & futilité de ce projet,aussi n’a-t-on cessé de faire des Mémoires à ce sujet. Le profit des voiturespar terre détourne plus de 400 Laboureurs de f agriculture fur cet espace de20 milles, & le prix des voitures y est devenu très-fort.
447. Il y a 24387 toises, & 45 pieds 7 pouces de pente , entre le port del'Hôpital du Mans & celui de la Vertìère, ouïes bateaux mouillent en touctemps, 1808 toises au-dessus de Malicorne ; dans cette longueur il y a diversatterrissemens qu’il faudroit détruire , & l’on y auroit facilement y pieds d’eau ,en élevant un peu les chaussées , & faisant plusieurs portes marinières. M. de.Voglie estimoit la totalité de ce travail à 202 mill e livres en 1768.
La Province d’Anjou, celles des deux Perches & la partie de la Normandiequi' avoisine le Maine y ont le même intérêt. Si la Sarte étoit rendue navi-gable jusqu à Alençon & au-delà, on pourroit la joindre à la rivière d’Ornequi pasie à Caen (43*2) , où elle est navigable, en faiíànt un canal entre Alen-çon & Argentan qui ne sont éloignés que de 20 milles. Dans le milieu decet espace est le point de partage & la source de plusieurs rivières ; on ytrouveroit une communication intérieure de la Normandie a la Bretagne ;mais au-dessus du Mans, la Sarte a beaucoup de sinuosités, elle manque d’eauen été au-dessus d’Alençon, & elle est barrée aux environs de Fresnay pardes rochers qui rendroient ce travail extrêmement difficile.
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