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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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NORMANDIE, POITOU, &c. 389

& il fut dit, que passé trois mois ) les Concessionnaires ne pourroient préten-dre aucune préférence.

En 1751 , M. le Comte de Mailiy à ía tête d’une Compagnie, entrepritde réunir ce projet à celui d un canal qui devoit joindre le Clain & la Loireavec la Sevre Niortaise, & dont nous parlerons bientôt (485), il propoíbitmême de joindre la Vienne prise à Aix avec la Vezere à Boutezac, qui prendíà source dans le Lîmoíìn à 30 milles de la Vienne ; mais ces projets étoienttrop vastes, pour qu’on pût en espérer la réussite , ssir-tout la loterie de com-merce dont on parloit en 1751 , n’ayant jamais eu lieu. Il a aussi été questionde réunir la Vienne 8 í le Clain avec la Charente, qui en est fort voisine, àSivray, ville d u Poitou entre Poitiers & Angoulême, ou commencent les tra-vaux actuels pour la navigation de la Charente (488), on auroit par-là unecommunication de Rochefort avec Paris, Rouen, & la majeure partie duRoyaume.

La Dive est une petite rivière , qui prend fa source à la Grìmaudière procheMontcontour, dix milles au midi de Loudun; plie va se jetter après 12 à lymilles de cours dans le Thoué , deux milles au-dessous de Montreuil-Bellay.Une Compagnie proposa en 1746 , de rendre navigable la Dive depuisMontcontour, & le Thoué depuis Thouars jusqu à Saumur, & de faire le dessèchement des marais de la Dive, qui s’étendent fur la Touraine, f Anjou &le Poitou , depuis les environs de Marne & de Montcontour, à condition queles Entrepreneurs auroient les deux tiers des marais desséchés , & pourroientpercevoir trois fols par millier de marchandises pour chaque lieue de deux milles& demi. La Compagnie vouloit aussi y faire des plantations de chanvre 8 íde garance.

Le pays voisin de ces marais qui ne sèchent jamais, est très-fertile en grains ;mais comme les terres y font grasses, les chemins y font souvent impratica-bles ; lors même qu’iis font les meilleurs, il en coûte 18 a 24 livres pour con-duire un tonneau de bled de 2000 pesant jusqu à la Loire: on pourroit lefaire pour 4 à 5 livres, par le moyen de la Dive ou du canal projette.

Il y avoit à faire 2^358 toises de grand canal, & 18 mille toises de petitcanal, avec onze écluses, & l’on estimoit la dépense totale 818 mille livres.M. Parent, & ensuite M. Aubineau, qui fuivoient ce projet, trou voient quela Compagnie auroit 2 y00 arpens de terrein chacun de 100 chaînes de 2ypieds, évaluées 1000livres l’arpent d’après l’expérience des terreins desséchés;ajoutant un transport de y o mille tonneaux de bled, à trois livres chacun pourle droit du canal, avec la pêche, les moulins, &c, ils trouvoient un profit dequatre millions & demi de capital.

D’un autre côté 011 regardait cette entreprise comme sort difficile, à causedu peu de pente de la rivière; cependant on commença d y travailler en 1774,entre Saint-Just en Anjou , & Montcontour en Poitou ; les habitans de Brézéen Poitou s’y opposèrent , à cause du droit de pâturage qu ils avoient dans cesvastes marais, où ils élevolent des bestiaux; on continua de négocier; & lesIngénieurs jugeoient en 1761, qu’on pouvoit autoriser le dessèchement, mais

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