ZS>o CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XIV.
qu’il falloit attendre le íùccès de cette partie de f entreprise, pour formercelle du canal de navigation.
Le canal auroit été très-utile pour la ville de Thouars , Sc pour tous les envi-ions dont les débouchés font difficiles ; mais comme il y avoit un percé à fairefur une longueur de 4^00 toiles , & que dans quelques endroits la hauteurdes terres étoit de plus de 80 pieds, le projet ne fut point d abord accepté.Mais on ne l’a point perdu de vue; & par un Arrêt du Conseil du cinqNovembre 1776, M. Augustin de laFaye, Ingénieur-Géographe, est auto-risé à former telle Société qu’il voudra, pour construire un canal depuis Mont-contour jufqu’à la rivière du Thoué au-deíîous du pont de Saint-Just, en tra-versant les marais de la rivière de Dive; ce canal aura 30 pieds de large avecla profondeur néceíïàire, pour porter des bateaux chargés de 40 milliers. Ilest permis aux Entrepreneurs de dessécher tous les marais, Sc terres inondéesle long de la Dive , ruisseaux Sc rivières y affluans, de proche en proche,tant par lò. canal de navigation , que par d autres branches. Ils jouiront ducanal pendant 60 ans ; le prix des coches d’eau fera de trente-íìx fols par per-sonne , depuis Montcontour jufqu’à Saumur; ils seront obligés d’entretenir lanavigation du Thoué, depuis l’embouchure du canal jusqu à la Loire. Les ter-reins desséchés Sc mis en culture, seront exempts de tout impôt pendant 20ans, en fe conformant à la déclaration du 13 Août 1766 ; ils feront égale-ment exempts de dîmes Sc de novales pendant 20 ans envers les Curés, commeDecimateurs de droit commun, Sc à perpétuité envers les autres Décimateurs ,soit comme Propriétaires de dîmes inféodées, ou comme ordres privilégiés.On trouve cet Arrêt du Conseil dans les Affiches du Poitou , Mars 1777.Cet Ouvrage périodique de M. Jouyneau Deíloges, qui s’imprime toutes lessemaines à Poitiers, est rempli de choies patriotiques, & dignes d’intéreííèr,bien au-delà de la Province pour laquelle il a été entrepris.
Poitou. canm en 485. La partie occidentale du Poitou , du côté de la mer, est séparée pardes hauteurs de la partie orientale, Sc leur réunion feroit utile à toutesdeux: on propoíoit en 17^1, d’ouvrir un canal dequis Vivonne fur le Clainau-deíïus de Poitiers jusques à la mer, paíîànt par Lusignan, Saint-Maixent,Niort Sc Marans, qui auroit par conséquent réuni la Sevre Niortoiíe avec laLoire Sc avec Paris. Pour subvenir aux frais dune fi grande entreprise, onavoit proposé une loterie de commerce.
Dans la partie septentrionale du Poitou, Sc sur les confins de la Bretagne,on trouve les maraíîs de Sallartaine, Saint-Urbain & Beauvoir, qui ont auffiattiré i’attention du Gouvernement depuis 1710 jufqu’en 1749, fans qu oneût pu accorder les habitans. Enfin le devis en fut porté à 91 mille livres parun Procès-verbal de 17^4, Sc cette somme devoit être répartie fur les poffesseurs de fonds, dont les eaux s’écoulent par plusieurs fossés dans le canalde Pontabert , fait dans le dernier siècle, vis-à-vis fille>de Noirmoutiers.Ce canal a 7750 toises , il commence à Pontabert, Sc finit à l’éclufe du Poi-rot; la les eaux douces tombent dans le canal de Champeau qui a 3344 toises ;celui-ci sert a recevoir les eaux salées à marée montante, Sc les eaux douces