Buch 
Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
Entstehung
Seite
392
JPEG-Download
 

La Charente utileá plusieurs Pro-vinces.

W2 CANAUX DE NAVIGATION, Chàp. XIV.

la Rochelle ; tout cela a fait abandonner le projet quant à préíènt.

On a auíîl voulu rendre navigable la rivière du Lays, depuis Sainte-Cecilejusqu au port de Mareuii, qui en est éloigné de quinze milles ; cela faciiite-roit le traníport des bois à la Rochelle : cette rivière contient 2s k 26 pou-ces d 'eau en été, ce qui seroit íuffiíànt; mais on y trouve beaucoup de mou-lins qui exigeroient des indemnités considérables.

De Rochefort, on voudroit avoir un canal qui iroit à Surgeres, un peu auNord-Est ; il seroit dune petite dépense, & d’une très-grande utilité pour letraníport de tous les approvisionnement

La Seudre qui est un peu plus au Midi, pourroit s’appeller un bras de merplutôt qu’une rivière* Le Ministère fit en 1688, un traité avec le sieur Ri-cher, pour la construction d’un canal qui devoir communiquer de la Seudreà Brouage, & aller eníuite dans la Charente ; on commença même d’y travail-ler ; mais la Guerre de 1700 suspendit tous ces projets, Sí ils n ont pas étérepris. ■

488. La Charente est de toutes les rivières qui font dans cette partie duRoyaume la plus importante ; elle traverse trois grandes Provinces, le Poi-tou , la Saintonge & i’Angoumois, fur une longueur de cent soixante milles ;elle aboutit à un port de mer, où l’on construit des vaisseaux de Roi, ensorteque íà navigation intéresse , non-seulement le Commerce, mais encore laMarine, à cause du transport des bois de construction, des canons Sí des bou-lets qui se fabriquent dans les forges de Ruelles appartenantes au Roi, Sí danstoutes celles du Périgord, d’où l’on vient les embarquer au port de l’Hòu-meau ou Loumeau près d’Angoulême. Auísi cette navigation a-t-elle toujoursparu très-importante ; on ordonna des travaux íur la Charente, par Arrêts duConseil, sous le règne d’Henri IV, de Louis XIII, de Louis XIV ; on s’enest occupé fous Louis XV , d’abord en 172,0, eníuite en 1740 ou 1745 ;mais les projets traités en grand, qui montoient à sept ou huit millions, estfrayoient par la dépense : on avoit d’ailleurs íitípendu Inexécution, par des mé-nagemens Sí des considérations particulières ; mais ce qu’il y avoit de pire,c’est qu’on avoit négligé même les réparations de la partie navigable : depuisquelques années, l’encombrement de cette rivière étoit si considérable prèsd’Angoulême, que les bateaux étoient obligés de rester au fauxbourg de l’Hou-meau , où le commerce avoit été forcé de íè porter ; encore ils y arrivoientbien difficilement. On avoit ío u vent représenté que la Charente pouvoit avecpeu de dépense être rendue navigable jusqu’à Manie ou Maníle, à xy millesau-destus d’Angoulême, ce qui seroit très-avantageux à la Province, parce queManie est le marché général de tous les bleds , qui du Poitou à dune par-tie du Limosin , vont dans f Angoumois, pays de vignoble où l’on recueille peude bleds, Sí jusqu’au port de la Rochelle; il ne s’agiísoit que de nettoyer larivière, n’v ayant ni pas, ni rochers, ni moulins dans cette partie.

Les besoins n’ayant fait qu’augmenter en raison du progrès du commerce,M. Turgot, qui en 1772 étoit Intendant de Limoges, connoiffimt la nécestsite de la navigation de la Charente, & ne pensant pas que le Gouvernement

fût