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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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NORMANDIE, POITOU, Scc. 393

fut dans l'intention de sacrifier des sommes bien considérables à ce travail,consulta M. Trésaguet, Ingénieur en chef des ponts & chauffées de la Géné-ralité de Limoges , actuellement Inspecteur général des ponts & chaufféesde France; il lui proposa de chercher les moyens que l’on pourroit employerpour rendre cette rivière navigable, dune manière solide , sûre & Commode,fans aller à des dépenses qui puisent en arrêter fexécution, comme dans tousles projets qui avoient été faits jusqu’alors. Cet habile Ingénieur suivit lesintentions du Magistrat Citoyen; ses projets surent approuvés, & 1 exécutionen fut ordonnée par Arrêt du Conseil.

48p. Les travaux commencent à Sivray ou Givrai en Poitou, à 3 y millesau nord d’Angoulême, & 25 milles au midi de Poitiers. Il y aura trois éclu-ses à sas & portes busquées, soixante-dix petites écluses ou permis, aussi avecportes busquées, ce qui n’avoit jamais été pratiqué; le tout fera construit enpierres de taille; il y aura un port à Sivray, un à Verteuil, & unau faux-bourg de fHoumeau fous Angoulême, enfin quelques redreífemens de canaux,

& autres petits ouvrages pour diriger & soutenir les eaux. L’adjudication detout l’ouvrage est de 1171213 livres , au lieu de 7 à 8 millions, à quoi mon-troit les diffèrens projets faits fous le règne de quatre Rois. Au moment où Dev!s d > envkonnous écrivons ceci (premier Décembre 1777), il y a six de ces pertuis ou J°"“ Cems millepetites écluses, construits tant au-dessous qu’au-dessus d’Angoulême, servantjournellement au passage des bateaux ou gabares chargées de soixante tonneaux,lesquels montent ces permis, de trois pieds jufqu’à trois pieds six pouces dechûte , en dix ou douze minutes, à laide d’un cabestan viré par six hommes.

Auparavant il falloit, pour remonter les chûtes de la basse Charente, trentepaires de bœufs , & souvent on mettoit une journée, tant pour rassembler cenombre de bœufs, que pour exécuter la manœuvre ; l’on peut juger par-là del’économie, fur la dépense, fur le temps, fur la perte d’eau & fur le chô-mage des moulins.

Dans le projet que fit M. Trésaguet au mois de Septembre 1772 , il traitala construction des permis, Sc il donna des moyens de les perfectionner , &de remédier aux inconvéniens qu’on éprouvoit fur la basse Charente, où il yavoit déja quelques permis ; cela nous donnera occasion de parler des permis,qui se trouvent sur plusieurs des rivières dont il a été question jusqu’ici.

490. Les pertuis sont appellés dans diverses Provinces, Pas, demi-écluses, Des permis de uécluses simples, portières, portes-marinières , portes de garde, pas-de-roi, pafse-lys, ou passelis ; ce font des passages d’une rivière où 1 eau est retenue ,

& que l’on ouvre pour faire passer les bateaux. Ils descendent à laide du cou-rant , & ils remontent contre le courant, par le moyen des machinés, deschevaux, ou des bœufs. On ne peut pratiquer des pertuis, que dans les endroitsoù la chûte est peu considérable; quand les chûtes ont plus de trois pieds, ilfaut des écluses à bassins, ou à íàs. On est aussi obligé d employer les sas quandon a très-peu d’eau, parce que les pertuis en depenfent beaucoup plus , restantouverts tout le temps que les bateaux employent a monter ou à descendre,au lieu que les íàs ne prennent exactement que ce qu’il faut pour les remplir.

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Charente.