Inconvéniens cìeleur ancienneconstruction.
35>4 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XIV.
Dans des rivières peu rapides, comme la Charente , qui traversent desprairies placées à fleur-d’eau, il y a plusieurs avantages à se servir de pertuis :le plus souvent ces rivières íònt déja soutenues d’eípace en espace par desdigues de moulins, Sc l'on s’en sert, en y pratiquant seulement des ouverturesplus avantageuses ; lorsque les chûtes de ces moulins, comme il arrive le plussouvent, sont entre deux pieds Sc demi, Sc trois pieds & demi, il est facile d’yplacer des pertuis commodes.
Si l’on vouloir substituer à ces pertuis des ses d’écluses, on les placeroit àde plus grandes distances , pour ne pas multiplier les dépenses ; il faudroitíupprimer une grande partie des moulins avec leurs digues ; celles qu’on conser-verait auraient une gande hauteur d’eau à íòutenir, il faudroit les faire beau-coup plus épaisses Sc plus élevées, les construire avec une grande solidité, Sc lessonder avec beaucoup de précautions; tout cela seroit encore exceíïìvement cher.
D’ailleurs la construction dune écluse coûte plus que le triple de celle d’unpertuis ; Sc si le nombre des íàs à construire étoit le tiers de celui des pertuis,la dépeníè pour la maçonnerie íèroit à peu près égale dans les deux métho-des , Sc l’on ne trouveroit aucune économie même fur cette partie, qui pûtdédommager de l’augmentation de dépense provenant de la construction desdigues Sc de la íupprestion des moulins.
La Charente est trop rapide pour être navigable fans art ; mais elle ne l’estpas aflez pour qu on ait besoin de faire par-tout des écluses à baííìns : soncours est rempli de moulins, dont les chûtes font presque toutes au-dessous detrois pieds Sc demi, Sc dont les intervalles forment de très-beaux canaux íùf-fííàmment fournis d’eau en tout temps. Enfin son cours depuis Sivray jusqu’àqu’à Cognac, est continuellement bordé de prairies qui forment tout le fondsd’un vallon très-piat, qui a mille ou 12 cents toises de large. En conséquence,M. Trésaguet ne se servit que des pertuis pour la rendre navigable, à l’excep-tionde trois endroits où la chûte est de plus de quatre pieds, savoir, vers laforge de Ruffet, à la digue du moulin Minotte Sc à celles de Lezai Sc Refons.
491. Les pertuis, tels qu’ils font en usage sur la plupart des rivières navi-gables , Sc qu’ils étoient en particulier íur la basse Charente , font des pas-sages très-difficiles Sc íouvent dangereux (446 ), íòit pour les bateaux , íoitpour les hommes qui manœuvrent : d’abord par la chûte précipitée d’une cas-cade qui a trois ou quatre pieds de hauteur, dangereuse à descendre, &très-difficile à remonter ; secondement, parce qu’ils font placés au milieu des digues,ce qui en rend la manœuvre difficile, dans les grandes eaux, tant pour lesEcluíiers qui ont beaucoup de peine alors à les ouvrir Sc à les fermer, quepour le paíîàge des bateaux qui se trouvent beaucoup trop loin du rivage , oùcependant l’on est obligé. de placer tous les attelages de bœufs destinés àleur faire franchir Sc remonter la chûte de l’eau. Troisièmement, la directiondu courant contre le rivage , est un inconvénient des pertuis : les Matelotsobligés de faire tourner subitement le bateau, entraînés par un courant rapide ,ont peine à bien gouverner au milieu des bouillonnemens que l’eau formedans se chûte Sc dans le détour íubit auquel elle est forcée, ce qui occasionne
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