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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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404 ■ CANAUX DE NAVIGATION , Chap. X V.

yoi. Il y avoit en 1761, depuis le port de la Fourché près Courtras, juí-qu’au pont de la Cité près Périgueux, 31 moulins travaiiians, non compris cinqmoulins ruinés ou abandonnés ; la hauteur de retenue d’eau , au devant dechaque moulin, étoit depuis trois pieds trois pouces jusqu’à huit pieds huit pou-ces , & formoit en total une chute pour ces 31 moulins de 135) pieds 4 pouces,ce qui en íùppose au moins 2op pour la pente totale de la rivière, à cause desdistances entre ces moulins ; cette pente considérable montroit la nécessité delaisser subsister, la plus grande partie des moulins, afin de retenir les eaux dansle lit de la rivière, qui fans cela auroit été presque à sec la plus'grande par-tie de Tannée.

Les pas que Ton avoit construits à la plupart des moulins depuis Courtrasjusqu’à Périgueux, étoientpresque tous établis solidement, étant fondés íurietufou le rocher; il étoit aisé de les remettre en état de servir en y faisant quelques.réparations, Sc en les garnissant de feuillures en bois, poutrelles, treuils, che-valet s, & autres choses propres à leur manœuvre, pour les ouvrir Sc fermerquand il en est besoin. C’est à quoi Ton se bornoit, lorsque en 1761 , M.le Chevalier de Canolie , de Bergerac , renouveila les propositions de rendrenavigable la rivière de Tisie. Depuis Périgueux jusqu’au-dessous de Libourne,il y a une longueur de 59 milles , ensuivant les détours ; il y en a 43 depuisle moulin de Saint-Front à Périgueux jusqu’au port de la Fourchée au-des-sous de Courtras , où cette rivière se joint à la Drône , Sc où finissent les marées.Delà il reste 16 milles jusqu’à Libourne; mais cette partie étoit déja navigable.

M. de Canolie fut chargé d’aller íiir les lieux, <& de prendre les mesuresnécessaires pour y parvenir. M. Bertin, Ministre & Secretaire d’Etat, joignoitau zèle ardent qu’il avoit pour le bien de la navigation dans le Royaume, f at-tachement pour une Province où il avoit pris naissance ; M. Tardif, premierIngénieur de la Province, dressa en 1763 , un état de la dépense à faire pourla réparation des pas, & pour les digues à former entre les moulins , afin deresserrer le lit de la rivière, & augmenter la profondeur d’eau dans les endroitsoù il en étoit besoin. Il y eut le 13 Juin 17634 un Arrêt du Conseil, envertu duquel M. Tardif sut chargé d’y faire travailler , Sc Ton établit dans laGénéralité de Bordeaux pour cinq ans, une imposition de soixante mille livrespar année, pour la construction de ces ouvrages, dont on évaluoit la dépenseà 270 mille livres.

yo2. M. Tardif sentit qu’on íeroit inutilement des dépenses très-considéra-bles , si Ton n’asturoit la navigation lors des basses eaux, parce que la chutetrop rapide des eaux dans le passage des pas, avoit toujours dégoûté les MatelotsSc les Mariniers, de faire remonter les bateaux , chargés ou à vide ; en. consé-quence il proposoit de construire trois écluses.

En 1766, M. de Saint-André qui succéda à M. Tardif, crut devoir pren-dre des moyens plus sûrs, quoique plus dispendieux ; il fit de nouveaux plans ,& en 1768 on mit la main a l’œuvre; on y construisit neuf écluses, des chauf-fées , des digues pour retenir le lit, & augmenter ia hauteur de Teau, de pe-tits canaux aux approches des moulins, ou faux-bras de rivière, & généralement

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