LIMOSIN, GASCOGNE, 405
tout ce qui étoit nécessaire pour assurer cette navigation. Le Périgord s en fé-licite aujourd’hui, & la regarde comme un fruit précieux du ministère de M.Bertin.
5*03. C’est àfoccaíìonde la rivière d’Iste, que N. Desbiey s’exprimeainsi dansson Mémoire íùr les Landes de Bordeaux (515) : « Le commerce marche íùr la «terre ; mais il vole , pour ainíì dire , íur les eaux ; s’il falloit des preuves «de ces vérités incontestables , notre Province même nous en offre la «preuve , peut-être la plus frappante. Qu’on fe place un instant fur la «Garonne, & qu’on jette les yeux à fa droite fur les pays qu elle arrose avec «les rivières de liste, Sc de la Dordogne, on . verra que l’agriculture, le «commerce Sc la population y ont tout animé, tout vivifié , qu’ils en ont fait «le pays peut-être le plus productif du Royaume. Que l’on porte eníùite fes teregards íur la rive gauche du même fleuve , le triste ípectacle dune terre in- «culte Sc déíèrte, affligera preíque par-tout lame de l’obfervateur ».
504. La Drône qui tombe dansl’Iste avant que celle-ci arrive dans la Dor-dogne , entre Libourne Sc Froníàc, fourniroit un débouché pour les grainsde l’Angoumois, de la Saintonge , & dune partie du Périgord ; avec peu dedépense, on établiroit sur la Drône une navigation de 60 milles; il ne seroitquestion que de diminuer le nombre des moulins qui font íùr cette rivière ,& de faire aux autres des passelis.
yoy. La Guyenne est une des Provinces où la navigation des rivières est laplus difficile, aussi l’on s’en est beaucoup occupé : au mois de Juillet 1764 , lesNégocians, Navigateurs, Sc Maîtres de bateaux de la Garonne, depuis le portde Sainte-Marie jusqu’à Agen, représentèrent que dans cet eípace de yo millesen descendant, il n etoit plus possible de naviguer; l’Intendant appuya leurs re-montrances , Sc il propoíà d’abord un règlement qui pût contenir les riverains.
En 1772 , les habitans de Sainte-Bazeille se plaignoient de divers ouvragesentrepris par des Particuliers, Sc qui pouvoient ruiner leur port íùr la Garonne,par les atterrissemens qu’on vouloir y former, Sc qu’on avoir entrepris dès 1748malgré M. de Tourny, Intendant de Bordeaux, célèbre par son zèle Sc parses bienfaits dans cette ville.
Les habitans de Marmande, entre Agen & Bordeaux, sc sent plaint de cequ’on établistoit des plantations íùr les istes ou dépôts de graviers, au lieu deles détruire, que par-là on exposoit la navigation , Sc les rivages voisins de laGaronne dans cette partie. Aux environs de Rogedeteau, la rivière est très-dangereufe, Sc cette navigation est devenue une des plus mauvaises de la France.
En 1764, on fit visiter la Garonne, la Vezère (497)- ( 5 °°)> leDrot
(511), le Lot (512) , la Baize (513), que l’on trouva toutes dans l’état leplus déplorable, Sc pour lesquelles on propoíà divers expédions.
Suivant les procès-verbaux des visites faites en 1767 par M. de Saint-André,les réparations urgentes qu’il y avoir à faire íùr les rivières de la Généralité deBordeaux, les ponts pour les chemins de halage, les digues, les pas, les ro-chers, & les ouvrages déja faits, quiavoient bescin detre réparés, exigeoientles sommes íùivantes, dans l’étendue seulement de cette Généralité.