LIMOSIN, GASCOGNE, &c. 409
élévation au-deíîus du bassin d’Arcachon , de la Garonne & de l’Adour, ren-droient l’exécution de ce canal aussi sûre que facile; cependant les effets d’un canalqui traverseroit ces landes dans toute leur étendue, seroient, selon M. Desbiey,auffî avantageux à l’Etat, que ceux du canal de Languedoc. L’Agriculture íedilateroit à la vue d un canal qui lui annonceroit le commerce , qui lui rendroitles bras que les charrois lui enlevent, & les engrais qui fe répandent en deslieux éloignés pendant les temps des charrois ; f Agriculture s’étendroit rapi-dement íiir toutes les landes, & les féconderoit toutes : une nouvelle Pro-vince s’éleveroit tout-à-coup , pour ainsi dire, íous la main des hommes quilavent changer, quand ils le veulent, Iaspect de la nature, & lui donner de lafécondité.
Par-tout on fe plaint de la rareté , de la cherté des bois, objet si nécessaire,& dont la réproduction n est jamais assez prompte dans un pays, ou les arts& le luxe en occasionnent d’immeníes consommations. Les bords des landesont du bois en abondance ; on n y sent que ie besoin & f impuissance de s’endéfaire ; il n est aucun particulier, qui dans le vaste pays de Born , & celui deMarensin , ne consentît à vendre le bois mort ou déraciné par les ouragans, àquinze lois la charretée; il y a des Tuiliers & des Briquetiers, qui ont refuséde le payer à sept sols la charretée ; on pourroit multiplier encore les bois dans1 'intérieur des landes, & l’on conçoit quels avantages en retireroit tout le Royau-me, si le canal en facilitoit le transport.
Ce n’est que par des charrois très-longs & très-coûteux, que l’on transporteà Bordeaux les brays , les goudrons, & autres matières résineuses que leslandes fourniíîènt, & qui íont nécessaires à la construction des vaiíîèaux; c’estégalement par terre , & par les plus mauvais chemins que l’on traníporte tousles objets qni circulent continuellement d’Eípagne en France ,• de France enEspagne, par l’entrepôt de Bayonne. On pourroit à la vérité profiter de la merpour ces derniers objets; mais un canal ouvert à travers les landes, épargne-roit en temps de paix les frais énormes des charrois, ou les lenteurs des pré-paratifs d’un embarquement, & les dangers dune navigation toujours tres-pe-rilleuse fur ces côtes ; & en temps de guerre, il éviteroit de plus le dangerdes vaiíîèaux ennemis qui croisent dans ces parages.
On exploite dé j a quelques mines de fer dans les landes, on en exploiteroitdavantage, à mesure que les habitans íè rapprocheroient des lieux où fe trouventles mines ; & leur produit seroit, & plus avantageux , & plus considérable.
y 16. Pour former un canal dans les landes, il y a eu cinq projets différens;la Compagnie Nizer imagina qu’on pouvoit établir un canal navigable, enréunissant tous les étangs d’eau douce, qui font fur le bord de la côte, depuisSaint-Estephe jusqu’au bassin d’Arcachon , & depuis ce bassin jusqu’à l’em-bouchure de l’Adour. Les étangs de Hourtins , & de Lacanau en bas Medoc ,dévoient faciliter la communication de la Garonne avec le bassin d Arcachon.Les étangs de Caíèaux., Sanguinet , Biícarroíïe , Castes, Sainte - Eulalie ,Mimizan, Lit, Léon , Sc tous les autres qui bordent les dunes de sablesde ces côtes de Guyenne, le long de la mer , ètoient destinés à l’union du
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