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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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Avantagescanal pourdeaux.

412 ■ CANAUX DE NAVIGATION , Chap. X V.

•'Cexanal pourroit avoir 80 pieds de large íur 25 de profondeur , il feroitrempli par les eaux de la mer & de la Garonne ; une écluse du côté du port,& une du côté de la rivière, conserveroient les eaux de la haute mer, & pré-viendraient les encombremens. M. de Lorth a offert d’exécuter cette entrepriseen cinq ans, à condition d’avoir la propriété des landes à íìx lieues de dis-tance , excepté la partie du côté de Bordeaux , qui est habitée & cultivée ,& pendant r j 1 ans les droits de la tour de Cordouan, & ceux qui font établisfur le poiíïon de la Teste & environs ; on lui fournirait encore < 5 oo Charpen-tiers & 800 Matelots, qu il nourrir oi t à ses frais; il les occuperait sept mois deTannée, jusqu à la fin de Touvrage du port de la Teste, & huit navires de 40mille francs chacun, qu il ferait construire pour le curement du port de Teste.Il íè íbumettoit Tailleurs à donner bonne & suffisante caution, & à rendretout ce qu il aurait reçu, en cas d’inexécution de sa part.je ce 521. La situation de Bordeaux est la plus heureuse pour le commerce : les’ farines inestimables de Nérac , les eaux-de-vie d’Andaye & de Coignac supé-rieures à toutes les autres, tout ce que lui apportent à peu de frais la Dor-dogne & la Garonne, ses excellons vins, ses rafineries à sucre, l’activité & legénie de íes habitans, Scc. & c. en font partir, & y font arriver annuellementun nombre prodigieux de navires dans toutes les saisons de Tannée : il. nest pointen France de port aussi richement meublé.

Bordeaux nest cependant pas ce quelle pourroit être, & ce qu il ferait facilede la rendre. La difficulté de trouver la rivière, même d'y entrer & d'en sortir,ou de trouver des rades sûres aux environs , Timpoísibiiité de tenir la merfans courir les plus grands dangers, soit côté en travers , soit en louvoyant,en éloignent un grand nombre de Navigateurs, & en font périr plusieurs deceux qui croyent pouvoir les vaincre.

A la hauteur de la tour de Cordouan est le point de réunion de tous lesNavigateurs qui sortent de la rivière, ou qui cherchent à y entrer. Il nestpas rare de voir dans cette partie, trois à quatre cents voiles à la fois ; s’ilarrive que les vents changent tout-à-coup, & qu ils se rangent du Sud, Sud-Est, Nord-Ouest, jusquau Nord, vent forcé, il ne leur reste aucun espoird'ancrage, ils ne peuvent tenir la mer. Le vent & les courans les jettent furles écueils trop nombreux de la côte d’Arcasson, tantôt ils périssent corps &biens,comme en 1777, tantôt ils font portés íur la côte jusqu à une demi-lieuedans les sables, où un nouveau malheur les attend : ils y font ordinairementvolés , 8 l assassinés par les brigands des landes.

Dans ces parages, la navigation nest rien moins que sûre , depuis la côted’Alvert aux environs de la tour de Cordouan ; & depuis la pointe de Grave,fur toute la côte d’Arcaston, jusqu à la barre de Bayonne, les briíàns & lesécueils font malheureusement semés très-épais : il n est point de Navigateurinstruit qui n’en ait vu , ou fait la triste expérience ; le seul parti qu il resteà prendre aux vaisseaux* qui cherchent la rivière,si les vents fe rangent auSud', Sud-Ouest , jusqu au Nord, vent forcé , c’est daller relâcher dans lesrades de Hde de Ré, de la Rochelle, &c. où ils font ordinairement quinze jours,

quelquefois