L I M OS ï N, GASCOGNE, à 4^
Truchet, célèbre dans la mécanique, & Religieux du même Ordre. Le F»Pons vouloir faire un canal qui commenceroit à la rivière de la Têt au-dessusd’Illes , & qui auroit pooo toises jusqu’à Perpignan ; un autre canal de 4000toises, depuis Perpignan jusqu à la mer, au port qu’il auroit sait construire àCanet; enfin un canal de booo toiles, qui devoir commencer entre Castel-Rouffilion & Canet, jusqu’aux étangs de Saices & de Leucate, pour communi-quer au canal commencé en 1686, fous les ordres de M. de Vauban (185),celui-ci entre dans celui des Romains, qui conduit à Narbonne ; de Narbonne,on devoir aller joindre le canal de Languedoc. Au moyen de ces canaux quidévoient être construits avec les écluses nécestaires pour entretenir la naviga-tion, & des levées qui dévoient être faites dans les étangs de Leucate &de Sijean,pour le tirage des bateaux , il y auroit eu une communication facile de la Pro-vince de Roustìllon avec le Languedoc.
Le F. Pons efpéroit un tfès-grand avantage pour l’Etat& pour la Province ,de cette communication, íùr-tout au moyen du port qu’il devoir faire cons-truire à Canet, où il y auroit 3 ^ pieds d’eau à i’entrée , & qui seroit capa-ble de recevoir les grands vaisseaux, & de les mettre à l’abri; le service duRoi y étoit intéressé pour le transport de l’artillerie, des munitions de guerre& de bouche, & relativement aux vaisseaux de guerre, galères, & vaisteauxmarchands qui courent beaucoup de risque dans le golfe de Lyon ; la Provincedu Roustìllon y étoit intéressée, relativement aux denrées du pays, qui man-quoient de débouché ; cependant M. i’Intendant de Perpignan estima que cecanal seroit de peu d’importance, & que le port de Canet étoit impraticable:les Etats du Languedoc s’y opposoient auffi ; mais les Députés du Commerce,par leur avis du 2 Juin 1^33, estimèrent que cette entreprise seroit utile.
11 est facile, disent-ils , de voir, que cette Province frontière , est d’unegrande conséquence pour l’Etat, & qu’il est nécessaire de chercher tous lesmoyens possibles, pour y transporter tout ce que le service du Roi peut exi-ger , pour y former <& y soutenir les Armées, pour défendre la Province, oupour aller à i’ennemi suivant les circonstances des temps ; on s’est servi juíqu’àprésent de la mer, pour transporter l’artillerie , les vivres & fourrages, qu onembarquoit dans les ports de Cette, de Toulon & de Marseille, pour lesdébarquer à Canet ou à Coliioure , & delà les transporter à Perpignan par descharettes ; mais à Canet, il n’y a qu’une plage où il faut débarquer íùr lefable, de manière que le vent un peu fort empêche le débarquement , fait bri-ser les bâtimens íùr la plage, ou les oblige de regagner la mer ; fi cependantle vent est contraire , il faut que tout périsse. A l’égard du débarquementau’on pourroit faire à Coliioure, cette ville étant éloignée de quatre lieuesde Perpignan, & les chemins étant mauvais, il en coûte beaucoup pour lestransports de l’artillerie & de ce qui est nécessaire aux troupes, c est pour-quoi on les débarque plutôt à Canet, qui est plus a portée de Perpignan.Mais les vents contraires, les mauvais temps & la difficulté de débarquer ,rendent la voie de la mer incertaine, dangereuse , & quelquefois impossible,de forte qu’une armée est exposée à manquer de tout. Cela peut faire échouer