416 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XV.les entreprises les mieux concertées, Sc les plus importantes au service del’Etat : en 171 <? , on sut obligé de lever le siège de Roses après avoir perdul’artiiierie, les munitions de guerre Sc de bouche, à quantité de bâtimensqu’on envoyoit par mer , fans compter la perte des Soldats ; on ne doute pasqu’il ne soit arrivé encore en d’autres temps des inconvéniens ou des naufra-ges , le danger qu’il y a de naviger dans le golfe de Lyon étant bien conu.
Le Rouísilion produit des laines, des chanvres, du bois, du charbon, dubled , du millet, beaucoup de vins, Sc d’autres choses dont on pourroit fairecommerce; le ton, Sc les sardines abondent fur la côte ; on en pourroit faireune pêche considérable. Mais il n’y a aucun débouché pour toutes ces den-rées, si ce n’estpar le port de Collioure, où il vient quelques barques Génoisesqui Cnlevent les vins qu’on recueille aux environs de cette ville. Les habitansqui font éloignés de Collioure, font obligés de consommer & de vendre leur vindans le pays, ou de le brûler pour en faire de l’eau-de-vie ; s’il y avoir unport à Canet, les vins & les eaux-de-vie des environs pourroient y être embar-qués pour l’étranger, de même que les autres denrées Sc marchandises quela Province produit, dont on ne peut faire aucun commerce.
La construction de ce port, disent encore les Députés du Commerce , don-nera lieu à augmenter considérablement la pêche du ton Sc des sardines, qui fetrouvent en abondance fur la côte , parce que les Pêcheurs qui font obligésde laisser à présent leurs bateaux fur le fable exposés à la tempête, qui lesbrise ou les sait périr, pourroient alors mettre leurs bateaux en sûreté dansle port, faire leur pêche avec moins de risque, emmariner les tons , & salerles sardines avec plus de facilité. En 1714, on pêcha quatorze mille tons,pesant depuis 60 livres jusqu’à 600 livres pièce, dont une grande partie futperdue faute d’occasion de les faire transporter ; cette pêche avec celle de lasardine, ne laisse pas de mériter attention , Sc la construction du port de-vroit l’augmenter ; la communication avec le canal de Languedoc, procure-roit un débit beaucoup plus considérable de tons Sc de sardines dans le Lan-guedoc , au moyen de 1 ’établissement dune barque de diligence, que l’Entre-preneur propose d’étabiir pour transporter les poissons jusqu’à Toulouse , enplus grande abondance, avec moins de danger d’être gâté, Sc à moins defrais , qu’on ne fait à présent par les Chafles-marée de Leucate, qui chargent furdes mulets Sc des chevaux le poisson destiné pour Toulouse; il coûte beaucouppour le transport, &il court plus de risque d’être gâté en traversant les montagnesque par la diligence d’eau. Au moyen des ouvrages que l’Entrepreneur proposede faire pour rendre les rivières deLagly & d’Orbious plus flottables, on pourratirer des sapins , Sc tout ce qui fera à portée de ces rivières du côté des mon-tagnes, Sc les faire descendre dans le canal où l’on en trouvera le débit. Lemême Entrepreneur prétendoit auflì rendre le ruisseau royal de Saint-Genisnavigable, depuis la rivière du Téet à une lieue de Bellegarde, jusqu’à la mer,Sc par-là faire transporter des bois de chêne, des laines, du charbon , Sc toutce qui feroit aux environs, à Canet ou à Collioure, dont le commerce devien-droit plus considérable. Tous les Ordres du pays, M. le Marquis de Cailus,
Lieutenant-